RÉSUMÉ DES AFFAIRES ECCLÉSIASTIQUES WA
ot le tiers vint jeter la discorde dans le sein des Ktats et entraver de si beaux projets.
Le règne de Henri IV et la période qui le suit immédiatement ont cela de remarquable que les questions du passé viennent s'y dénouer ou s'y éteindre, tandis (jue celles (jui ont occupé le xvii'' et le xviii" siècle semblent y trouver leur point de départ. L'indépendance réciproque de lEglise et de l'État et leurs rapports sous le régime des alliances et des religions d'fltat sont au premier rang des problèmes que la France a vus se poser à cette époque.
Troublé par les souvenirs douloureux de la Ligue, terrifié par le régicide, qui, après avoir frappé le faible Henri 111, venait de priver vingt ans plus tard la France d'un de ses piusgi-auds rois, le tiers état dirigea ses soupeons contre 1(^ clergé et les ordres religieux, et fit remonter jiis(|u"à la papauté le poids dises défiances. On a vu comment, malgré ses efforts, il ne parvint pas à obtenir de la royauté la consécration d'un manifeste dont les réticences cachaient de terribles accusations.
Si les luttes opini;\tres et inutiles que lit naître celte longue discussion troublèrent le travail régulier des députés, elles n'influèrent pas autant qu'on aurait pu le craindre sur la rédaction même des cahiers.
Le tiers prit une part active à l'examen des affaires ecclésiastiques : la noblesse s'en occupa également, et le clergé rédigea un admirable programme dont l'ordonnance de 1629 sut comprendre toute la valeur et s'approprier les idées.
Le concordat appliqué suivant les dispositions de l'ordonnance de Biois, les prélats nommés après enquête, les curés élus au concours, après une épreuve publique de leur capacité oratoire, tels furent les premiers résultats obtenus parles États. Ce n'étaient pas
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(les innovations : Henri IV avait exécuté presque toutes ces réformes, mais on en demandait la confirmation solennelle dans une de ces grandes ordonnances auxffuelles les assemblées d'Etats imprimaient leur majesté.
L'ordre et la discipline s'étaient tellement améliorés depuis vingt ans, que les vœux ne ressemblaient plus aux doléances si vives des précédents Ktats : le tiers, si prompt à s'alarmer, si prêt à critiquer, demeure muet sur les questions de discipline; il ne parle ni de la vente des sacrements, ni de la vente des bénéfices : précieux et incontestable témoignage de la réforme o|)érée par le clergé sur lui-même.
Les trois ordres obtiennent la fondation tlei^ séminaires diocésains et manifestent pour le progrés de l'instruction cette sympatliie persistante qui fait tant d'honneur aux Etats Généraux.
Nous rencontrons encore plusieui-s conflits entre le tiers état et le clergé : tantôt c'est le tiers qui attarpie lorsqu'il s'agit des dîmes qu'il voudrait supprimer ou de la mainmorte qui commence à l'infpiiéter; tantôt le clergé, voulant prendre une revanche, démontre (jue, sous le nom d'induits, les membres du parlement absorbent à leur profit une partie des bénéfices et sont de tous les laicpics les plus favorisés.
Enfin les prétentions rivales se heurtent une dernière fois à propos du concile de Trente, la clef de voûte de toute la réforme catholique. Le tiers refuse de l'admettre, le clergé en exige la réception, et le gouvernement se tait. Alors le clergé, se dégageant des liens qui l'attachent au pouvoir séculier, déclare obligatoires, dans le sein de l'Église de France, les canons du concile, en réservant toutefois les privilèges de l'Église gallicane, et, à la faveur de cette solennelle décision, il accorde le respect de la tradition avec les impérieuses exigences de sa propre réforme.
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11 est d'ailleurs à romîirqucr qiio la royauté ne prit jamais de parti quand la lutte s'établit directement entre le clergé et le tiers état. L'abstention et l'attente furent les ressorts de sa politique. Elle savait, par expérience, (jue certains conflits se dénouent et ne se trancbent pas. Elle ne voulait à aucun prix rompre avec le tiers état on avec le clergé, et elle entrevoyait que, sur de telles questions, une opinion nettement exprimée entraînerait fatalement une rupture.
De toutes les questions qui avaient passionné depuis un domi-siécle la France, seule la liberté des cultes ou , pour parler plus exactement , l'existence publique de la religion [)rotestantc, ne souleva pas l'examen du tiers état et de la noblesse. Évidemment le régne de Henri IV avait définitivement pacilié les esprits. Le clergé lui-même, si ardent à la défense de l'unité religieuse, se borne aune protestation de principe; puis, entrant aussitôt dans l'examen des questions pratiques, il demande le règlement des rapports entre les deux cultes, admettant implicitement leur coexistence. L'Eglise préludait ainsi à ce contraste apparent qui marque dans les temps modernes sa conduite vis-à-vis des idées libérales : bostile aux principes en eux-mêmes, tolérante dans l'application, alors comme aujourd'hui elle subissait les changements apportés par les hommes, regrettant au fond du co'ur l'unité si puissante de la foi, jadis appuyée sur l'unité de la royauté, mais toujours prête à combattre aussi vaillamment que si elle n'avait point joui des faveurs de la fortune, se servant des instruments de la liberté comme elle avait usé d.es grandeurs humaines, et se retrouvant sous toutes les formes, dans tous les temps, à travers tous les régimes, la plus puissante des institutions de ce monde.
Au début du xvn*^ siècle, elle éprouvait les pre-
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miers offcts d'un partago qu'elle n'avait jamais connu : Henri IV avait su faire accepter l'égalité des droits en échange d'une efficace protection ; sous le gouvernement aflaibli d'une minorité, toutes les passions à demi éteintes devaient se rallumer : elles ne parvinrent pas du moins à enflammer la France.
Si MOUS r('siimf)ns rn'uvreacroinf)lie par rasscinMéc de Pai'is. m m.- dcvoin reeonnaitrr (pic les Etats de 1014 contribuèrent puissamment ii e()nfirmer et à étendre les réformes qui relevèrent si haut au xvii'" siècle la science et la vertu du clergé français. A cette œuvre commune, le premier ordre apporta ses lumières, la noblesse son concours dévoué et la promesse d'une alliance que resserrait la communauté des pi'ivilèges ; le tiers état lui-même, malgré sa mauvaise humeur agressive, rendit un service réel, en constatant, par l'irrécusable témoignage de son silence et parfois de ses aveux , (juels progrès avait faits le clergé depuis le commencement des guerres civiles.