‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 208 sur 226 · IV · texte numérisé non relu

IV

toO ÉTATS ET NOTABLES, 11314-1625

L'ordonnance se borna à une promesse vague (jui n'engageait nullement le pouvoir (Ord. 59).

La périodicité, qui aurait pu seule assurer le succès de ces solennelles assises, ne fut point accordée. Les Grands Jours tenus à Poitiers en 1G34 furent fécond^ en résultais ', mais Orner Talon, qui y joua un rùle important, rapporte que leur influence fut éphémère. « On auroit dû, dit-il, promettre la tenue des Grands Jours dans huit ou dix années; car cette appréhension est capable de retenir la noblesse et les officiers en leur devoir -. » C'est à l'étroite jalousie du parlement de Paris que fut due l'inobservation de Tordonnance.

Au sommet de la hiérarchie judiciaire, le tiers état voulait placer le roi en personne : il souhaitait qu'à l'imitation de saint Louis, le jeune prince rendit la justice à certains jours de la semaine; c'était le rêve si souvent conçu par Henri IV et qu'il avait réservé pour sa vieillesse '. Les députés pensaient ouvrir ainsi un recours suprême aux malheureux qui auraient

1. Une relation contemporaine des Grands Jonrs tenus à Poitiers en 1634 s'exprime eu termes dignes d'être cités : « La rig'iureiise poiirsuito. que faisoit faire la cour des Grands Jours contre les criminels, lit prendre l'ai:' à bon nombre du personnes, et des plus puissants de ce pays-là, qui, pour éviter la sévérité des juges, prirent occasion de s'aller promener ailleurs, contre lesq lels néanmoins elle ne laissa pas d'agir, part cnlièrement contre deux cent trente-trois, par son arrêt du 29 novembre, aux d('peus de leurs biens et de leurs personnes mêmes, si on eût pu les attraper. » {Archives curieuses de l'histoire de France, t. Yl, 2« série, p. 2715 et suiv.)

2. Omer Talon, Mémoires, Collction Michaud, t. I, p. 35. — .Mathit^u Mole exprime la même opinion. (Mémoires, 1. 1, p. 458.)

3. Henri IV, en effet, répétait souvent : « iJieu me fera peutêtre grâce, dans ma vieillesse, de me donner le temps d'aller deux ou trois fois par semaine au Parlement, comme y alloit le bon roi Louis XII, pour travailler à l'abréviation des procès. Ce seront là mes dernières promenades. » {Tablettes historiqit?s des rois de France, citées par Poirson, t. III, p. 70.)

JURIDICTIONS 4oI

VU se ieniier de vaut eux les portes de lu justice ; aussi le tiers état eiitcndait-il soumettre moins les procès que les juges à la connaissance personnelle du souverain (T. 192). Cette satisfaction ne lui fut pas accordée, mais il on obtint d'autres plus sérieuses.

III. Compétences extraordinaires. — Les évocations, moins nombreuses sous le contrôle vigilant de Henri IV, avaient reparu à sa mort. Sully ne siégeait |)lus au Conseil pour renvoyer à la justice ordinaire les procès pendants K Le Conseil des parties avait résisté depuis soixante aux ellbrts passionnés des [utrlements, aux doléances dos États, à la volonté de la royauté ollo-mèmo ^. Les maîtres des requêtes se cantonnaient dans cette juridiction comme en une Ibrterosse : le tiers état s'en prenait à eux; le temps était passé des demandes de renvois aux juges qui devaient en connaître, des déclarations générales et banales; les députés réclamaient une amende de trois mille livres prononcée par le Parlement contre le plus ancien maître des requêtes qui aurait pris part au jugement d'une aflairo outre parties ^ (T. 197).

Page 1