CAHIERS DES DÉPUTÉS
Sommaire. — Brièveté et rareté des doléances, p. 104. — Klecliuii du roi, p. 105. — Hérésie et réception du Concile, p. 1U;J. — États provinciaux et généraux périodiques : vote de l'impôt p. 106. — Indépendance provinciale, p. 106. — Abolition de la vénalité des charges, p. 106. — Exécution des délibérations do Blois, p. 107. — Maintien des juges consuls, p. 107 — Désordre des gens de guerre, p. 107.
Les réforme^^ qui avaient été le luit prinri[)al fie la plupart des assemblées préoccupèrent fort peu les députés. Leur mission était exclusivement politique. Assurer à la France l'unité religieuse, élire un roi, constituer le gouvernement central, voilà en réalité les seules pensées qui préoccupaient en lo9l, comme en décembre 1592, les députés et leurs commettants. En dehors de ces points principaux, il y eut bien quelques doléances, brièvement rédigées, écrites à la hàle, mais on a peine à leur donner le nom de cahiers, tant elles diffèrent des monuments (pd portent ce nom.
D'ailleurs les députés se rendaient si bien compte de celte situation, qu'au moment où ils commencèrent leurs travaux il ne vint à la pensée de personne d'entamer comme à Orléans et à Blois le dépouillement des cahiers. Il en résulte que nous n'avons pas un
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Iravail d'ensemble ([iii représente sur chaque (juestion lOpinion de la majorité des États.
Nous ne possédons que trois cahiers (hi tiers état émanant de Rouen, de Troyes et de Reims. Il nous reste en outre un caliier du clergé d'Auxerre '.
Ces documents donnent une idée assez exacte de l'état des esprits. Tout en se ressentant des ardeurs de la I^i.iiue, les doléances laissent entrevoir en même temps le fonds permanent des espérances (^ommunes à toutes les époques de notre histoire, il y a donc deux parts à faire dans ces vœux : ce qui vient d"s passions religieuses et ce qui tient aux aspirations nationales.
I/élection du roi était intimement lit'C aux préoccupations religieuses : Reims et Rouen demandent « qu'il soit procédé à l'eslection d'un prince françoys et catholique, non fauteur ni adhérant aux héréti- (jucs ». La ville de Troyes est plus explicite : ell(> ne se contente pas d'indiquer les C(mditions, elle exclut positivement le roi de Navarre dans les termes les plus violents : on reconnaît là l'esprit qui anime les Seize. Les députés de Troyes sont prêts à se vendre aux Espagnols.
On devine ce que peuvent être les cahiers vis-à-vis de la nouvelle religion. Non seulement ils réclament la destitution de tous les hérétiques possédant des ojfices, mais l'extirpation absolue de l'hérésie. La fureur anime d'autant plus les esprits que la Ligue se sent plus prot'nud('ment menacée.
Au point de vue purement ecclésiastique, la réception du concile de Trente est presque le seul vœu exprimé. (Rouen, Reims, Auxerre.) Par une déclaration du 7 août 15U3, le duc de Mayenne et les Ktats reçurent les décrets du concile ^ .