Gosmi, ]'Ua del. card. Morosini, p
2. Pendant que le clergé rédigeait ses catiiers, la Sorjjonne déclarait, le 15 novembre et le l" décembre, » que ceux-là étoient schismatiques qui tenoient que le concile de Trente devoit être publié avec modification». (Jonrnalde Bernard, aux États de lo88, 18 décembre.) — Voir, sur les concessions que promettait le pape, Jager, Histoire de l'Éqlisn catholique, XVI, 113.
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clergé. Cependant le garde des sceaux de Montholon n'avait pas craint d'en parler avec une sage hardiesse ^ Le tiers état suivit seul la voie qu'il avait tracée. Il réclama l'obligation de la résidence, si souvent négligée sous le prétexte des éludes de théologie (T. 31). La noblesse s'unit à lui pour demander l'abolition de la pluralité des bénéfices que conservaient à la fois d'adroits titulaires, donnant pour excuse que leurs possessions étaient litigieuses et qu'ils ignoraient de quel bénéfice ils demeureraient définitivement investis * (N. IG; T. 32).
Depuis les premiers Etats de Blois, la question des confidences avait fait un progrès considérable : aux décisions pontificales déjà rendues était venue s'ajouter la bulle de Sixte-Quint donnée en 1587 à la prière des évêques de France '; elle confirmait les bulles
1. « Les plaintes continuent des injustes provisions d'aucuns, et de leur admission aux charges ecclésiastiques, sans regarder la vie et capacité des personnes. Ou parle de Tambition et avarice de plusieurs, de la multiplicité des bénéfices contre les canons et saints décrets; de la non-résidence aux charges de l'Église, au mépris du droit divin qui vous y oblige. Vous en savez plus que nuls autres ce qu'il en est, vous y saurez aussi mieux pourvoir en cette notable assemblée, selon le zèle et affection que vous demande une si juste cause, et les grâces suffisantes que Dieu a mises en vous.
« Souvenez-vous aussi des corruptions et dépravations des monastères, et de leurs règles et discipline presque perdues, et tellement dissipées, qu'il reste peu d'ordres où plusieurs moines et religieux n'aient comme oublié les promesses et les vœux où ils se sont solennellement obligés; du moins il s'y commet de grandes fautes. On le voit et on eu parle publiquement. Faites cesser ce mal, et apportez les visitalions et réformations suffisantes. Je ne mets en ce rang tous les ordres et monastères. « (Harangue de Montholon. Ibid., p. 67.)
2. Voir ce qu'en dit Bernard dans le discours de clôture. Recueil de pièces, t. V, p. 213.
3. Bulla Pastoralis 61, rendue en 1387 à la suite du concile de Bourges tenu en 1584.
antérieures, permettait aux ordinaires de disposer des bénéfices donnés en confidence et d'en appliquer les revenus aux réparations des églises. Aussi le clergé demandait-il en 1588 la réception de cette bulle et sa publication en France. Il sollicitait en outre la traduction en langue vulgaire et la lecture chaque mois au prône de la bulle pontificale (C. 80 à 87). La noblesse s'unissait au clergé pour en réclamer la mise en vigueur (N. 29). Quant au tiers état, il déclara nettement qu'il attendait tout du pouvoir civil (T. 40 à 43).
Pour assurer ces réformes, il iallail, rétabiii- les visites épiscopales, qui étaient faites avec non moins de négligence que d'irrégularité. Le tiers état réclama seul une inspection triennale du diocèse, insistant pour qu'elle fiU gratuite (T. lO). Les deux premiers ordres gardèrent sur cette question le plus absolu silence.
Les Etats de 1588 s'occupèrent de la discipline des couvents, sans chercher à innover; rappelant les dispositions de l'ordonnance de Blois, ils se contentèrent de solliciter une nouvelle consécration des principes qu'elle avait proclamés : c'est ainsi que la réformation des monastères, le rétablissement de la vie commune là où les moines s'étaient dispersés en se partageant les revenus (T. 23), la clôture des couvents de femmes (N. 10, 23), furent successivement demandés par les cahiers. Un des seuls points sur lesquels insistèrent la noblesse et le tiers état fut l'institution d'une défense formelle aux abbés d'admettre un novice à prononcer des vœux sans le consentement de ses parents ou de son tuteur (N. 19 ; ï. 29).
L'instruction religieuse fut un des sujets qui attirèrent plus spécialement l'attention des députés. L'uti-
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lité (les séminaires avait éli'; reconnue par l'nitlonnance de Blois. L'année suivante, l'édit de Meliin, en instituant les conciles triennaux, leur donna pour principale mission la fondation des séminaii'es *4 écoles dans chaque diocèse *. Les États de 1588 continuèrent cette tâche, et, s'ils n'obtinrent aucun résultat direct, leurs voeux, d'une rare netteté, nous prouvent quelle était sur ce point l'opinion du clergé et l'impulsion (pi'il donuail à l'instruction pul>li(jue v(;rs la lin du rét;iic dr lli iiii IIL L'argent, ce ressort de toutes les créations, avait bien vite fait défaut aux évêques : vendre les biens de l'Église leur semblait toujours la dernière ressource à laquelle il fût permis d'avoir recours, et comme les revenus d'un grand nombre de diocèses étaient diminués par la guerre, engagés pour le pnyeinent de dettes ou gaspillés par une mauvaise administration, le clergé demanda au roi de permettre aux évêques la levée de dîmes spécialemeid. affectées aux séminaires (C. 41) ; il souhaitait que les prélats fussent affranchis de toute formalité pour la création des établissements qu'ils voudraient consacrer à l'instruction publique iG. 42). Enfin, comme les donations en faveur des établissements religieux étaient interdites dans certains cas, le clergé demandait que, par une exception spéciale, « les dons faits au profit des collèges ou séminaires par quelques personnes que ce soit fussent valables ^ » (C. 43).
« Et d'autant, disait avec force le clergé, que l'ignorance des personnes ecclésiastiques a été ci-devant en partie cause que l'hérésie a pris pied en ce royaume »,
i. Édit de Melun, février 1380, art. 1.
2. Cette disposition a été introduite dans la déclaration de 1749, qui excepte des incapacités générales les écoles de charité (art. 3).
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il fniiL (|iie elinriuc abbayo envoie un eerfaiii noniltre de religieux aux bonnes et fameuses universités pour se rendre capalib^s de leurs charges. Multiplier les collèges est le but que poursuivent les cahiers, et le clergé demande que les bénédictins soient particulièrement chargés de fonder en l'Université de Paris un collège que fréquenteront les écoliers clercs (C. 98). Le rourani des esprits dans ce sens était tel, que les trois (ii'drcs deniandaiiMit avec une égale insistance la luultiplicaliitii di's |)n''bi'ii(Ics lli(''()li)gales ; le tiers proposait uu'uie (rallfilci" un revenu de cent écus, qui serait pris sur un bénéfice, à l'entretien d'un précepteiu' dans les villes où aucune prébende ne serait libre (C. 44; N. ±2; T. 22), et il recommandait que des prédications fussent faites dans toutes les villes pour combattre les prt>grès de l'hérésie en se servant des mêmes armes (pie les protestants (T. 21).
llpstitution des domaines aliénés, p. il. — Inaliénaitililé du domaine ecclésiastique, p. 9. — Dîmes, p. 10. — Kxcniplions, p. 10. — Union des jjénéfices, p. 11.
Les vœux des États de lo88 furent sur cette (juestion l'écho fidèle des cahiers de la première assemblée de Blois : comme eux, ils demandèrent la restitution des domaines vendus, en payant les déboursés quand les acheteurs seraient de bonne foi (C. 48), et sans rien payer quand les possesseurs évincés seraient hérétiques (C. 49). Ils sollicitèrent le droit de faire exercer les revendications dans chaque diocèse par le promoteur des cours ecclésiastiques (G. 47), et protestèrent de nouveau contre les aliénations de biens ecclésiastiques en réclamant linaliénabilité du
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domaine de l'Église (C. 48). La revision des litres de fermage des tenanciers leur semblait une nécessité (C. 63). La noblesse se joignit à ces plaintes K
Dans la question des dîmes, nous rencontrons le même accord : l'avertissement au prone ou la signification au bénéficier du jour où devra se faire la récolle sont réclamés avec une vivacité qui sert à nous prouver combien étaient inefficaces en ces temps de trouble les ordonnnnces royales; (C. 06, 67; N. 26).
Les idées émises en Lo76 se précisent : en fait de dîmes, l'usage doit tenir lieu de droit : telle est la maxime soutenue par le clergé (C. 67). Il veut en outre que les terres vendues par suite des édits d'aliénation soient soumises à la dime {C. 69).
La reconstruction des église» paroissiales, qui avait motivé en 1579 la levée d'une conlriitutirm spéciale, appelait encore l'atlenlion du clergé, qui demandait que, dans leurs tournées, les diocésains convoquassent les curés, mai'guilliers, fabriciens pour fixer le montant de la taxe extraordinaire qui devrait peser sur les paroissiens (C. Ao, 46;.
Les contributions royales préoccupèrent vivement le clergé, mais surtout au point de vue des exemptions d'impôt. Le succès du clergé aux premiers Ktats de Blois enflammait le zèle des députés : ils voulaient à la fois un nouvel affranchissement du logement des gens de guerre (C. 55; N. 27), des tailles (C. 57), du service militaire pour lequel les clercs étaient encore parfois molestés (G. 58), de l'impôt sur le vin (C. 60), sur le sel (C. 61), et enfin ils réclamaient une solennelle déclaration qu'aucune charge ne serait ajoutée aux anciennes (C. 51). Le clergé faisait valoir qu'il