‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 68 sur 226 · IV · texte numérisé non relu

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162 ASSEMBLÉE DES NOTABLES, lo'JG

par les périls chaque jour croissants d'une mer où dominaient en maîtres les corsaires de la côte barbaresque. Les plaintes que nous avons recueillies aux premiers États de Blois ' n'avaient encore reçu aucune satisfaction, lorsque Henri IV entama avec le sultan des négociations qui aboutirent en 1GÛ3 et en 1604 au traité le plus favorable qui eût jamais été conclu avec le Turc par une nation chrétienne. Non seulement les ports et marchés dans les échelles du Levant nous sont ouverts, non seulement la piraterie est absolument interdite aux sujets de l'empire ottoman, mais la France devient la seule protectrice des chrétiens dans TOrient. « Si les diverses nations de l'Europe sont admises à fréquenter les ports de l'empire ottoman, elles ne peuvent désormais y venir que sous l'aveu et sûreté de la bannière de la France, laquelle ils porteront comme leur protectrice et puissante sauvegarde. Les navires anglais seraient capturés si, prenant le prétexte des traités précédents, ils s'exemptaient d'arborer le pavillon de la France *. » On ne peut lire cette clause sans éprouver un profond sentiment d'orgueil national. Voilà ce qu'en dix ans Henri IV était parvenu à faire ; voilà le degré d'honneur et de gloire auquel il avait amené la France, sortie, grâce à lui, de cette trop longue corruption des Valois. Tous les succès de sa politique ont eu à la fois ce caractère brillant et solide qui enflamme l'imagination et satisfait à un égal degré la raison. La France devenait l'arbitre de l'Europe en Orient : les Lieux saints lui étaient rouverts. La Méditerranée était confiée à sa garde. Elle allait exercer une haute

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