Procès-verbal du tiers, 6 novembre
3. François d'Escoubleau, archevêque de Bordeaux, cardinrd de Sourdis, né en 1.j7o, mort en 1628.
-i. François de la Ruchefoucanld, né en loo8, partisan violent de la Ligue, puis de Henri IV; cardinal en 1607, protecteur éclairé des lettres, il mourut en i64j.
Aussitôt que la chambre du tiers fut saisie de la question, elle se partagea en deux opinions : les uns, séduits par le projet et reconnaissant ce qu'il avait d'habile, réclamaient une délibération immédiate; les autres, emportés par leurs ressentiments, voulaient différer la résolution, « la préjugeant suspecte et pleine de difïicultés en l'exécution ». Bientôt les discussions particulières furent si vives, qu'on ne s'entendit plus dans la salle : Miron voulut dominer le tumulte pour appuyer l'ajournement, mais sa voix fut couverte par les cris de la majorité, évidemment favorable à une délibération. Le président, irrité de voir son influence méconnue, « se mit en colère, et rompit l'assemblée '■ ».
Comment la reine apprit-elle ce qui se passait? Miron, en sortant de la séance du tiers, courut-il au Louvre pour lui faire part de ses inquiétudes? Nous l'ignorons; mais ce qui est certain, c'est qu'elle ne perdit pas un instant pour empêcher l'accord des trois chambres.
Le lendemain, 7 novendjre, la noblesse allait examiner cette proposition, lorsqu'un écuyer de la reine arriva au couvent des Augustins, afin de convoquer surle champ au Louvre les présidents des trois ordres avec quelques-uns de leurs collègues.
A onze heures du matin, les députés étaient admis dans le cabinet du roi, où se trouvaient déjà le chancelier, M. de Villeroy et le président Jeannin. Ce fut la reine mère qui leur adressa la parole, c Le roi n'entendoit pas, dit-elle, qu'en la procédure des États, on se départît de l'ordre accoutumé qui étoit de dresser un cahier général par chaque ordre, s'ils ne s'accordoient d'un seul; la proposition dont les