‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 85 sur 226 · RÉDACTION DES CAHIERS · texte numérisé non relu

RÉDACTION DES CAHIERS

la commission des monnaies, les dernières exclamations des députés sortant de l'audience et s'écriant à. l'envi « qu'il n'y avoit aucune fraternité entre eux et le tiers; (ju'ils ne vouloient pas que des enfants de cordonniers et de savetiers les appelassent frères ; et ({u'il y avoit autant de difTércnce entre eux et le tiers qu'entre le maître et le valet ' »,

On conçoit quels étaient les sentiments de M. de Mesmes quand il rentra dans la chambre du troisième ordre. Après avoir entendu son récit, on résolut non seulement d'avouer le discours proroncé par lui le 24 novembre, mais de le remercier et de faire enregistrer ses paroles, puis on décida que le tiers s'appliquerait sans interruption à la rédaction des cahiers et sans s'attarder davantage « à ces pointillés * )). On alla jusqu'à arrêter d'avance la réponse qui serait faite au clergé s'il venait encore trouver le tiers pour la même affaire.

Évidemment le troisième ordre commençait à comprendre que les États n'étaient pas réunis pour consumer un mois entier en discussions stériles : aussi reçut-il assez froidement révêquc de Paris, qui vint le 27 novembre dans la chambre du tiers pour l'informer que le roi avait nommé le clergé arbitre de la querelle. Le président répondit qu'on n'avait pas eu intention d'offenser la noblesse, que c'était un malheur de « prendre des paroles en autre sens qu'elles

1. Relation de FI. Rapine, 26 novembre, page 228 : « ... Qu'il avoit été au Louvre, où il avoit été mandé pour le fait des monnoies, et sortant de là, il auroit été regardé de travers par aucuns de la noblesse, mais qu'il se proniettoit bien que dans quatre jours ils lui viendroient faire la révérence; qu'ils ne se pouvoient passer de nous, et étoient bien honorés de prendre alliance dans le tiers état, et fort aises quand le tiers état la prenoit chez eux. »

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