‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 86 sur 226 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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n'étoient dites », et que les travaux des États Généraux seraient impossibles si les ordres se blessaient si facilement.

Une députation se rendit aussitôt auprès du clergé j)our confirmer cette réponse et supplier le premier ordre « de dire à MM. de la noblesse qu'on n'avoit eu aucune intention de les fâcher ni en corps, ni par députés, et que le tiers état les prioit de le laisser en repos et vaquer librement à sa charge * ».

La noblesse était loin d'être satisfaite : elle fit agir vivement auprès de la reine, et, dans la même journée, le chancelier, ayant vu Miron au Louvre, lui dit que Sa Majesté voulait que ces brouilleries fussent apaisées et que le tiers se résignât à faire des excuses.

Le 28, après une discussion des plus vives, le tiers résolut de ne point envoyer de députation aux nobles, parce que « ce seroit tous les jours à recommencer sur le premier ombrage qu'ils auroient des paroles des députés ^ », mais de remettre au clergé une déclaration écrite dans laquelle on protesterait qu'on n'avait point voulu les offenser, et de clore ainsi cette trop longue affaire.

Pendant que ce conflit absorbait les députés, le conseil du roi avait été saisi du mémoire remis par Savaron le 15 novembre et qui contenait les premiers vœux des États Généraux. Comprenant que son travail serait fort long et risquerait d'être stérile si le conseil ne se mettait pas en rapport avec les députés, le chancelier fît avertir le 29 novembre les trois ordres d'avoir à envoyer quatre délégués pour éclairer la délibération. Le tiers état, préoccupé de s'assurer la prépondérance, en choisit douze, alléguant l'intérêt

1. Procès-verbal du tiers. Résolution du 26 novembre et déclaration du 27.

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