‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 87 sur 226 · Procès-verbal du tiers, 28 novembre · texte numérisé non relu

Procès-verbal du tiers, 28 novembre

RÉDACTION DKS CAHIERS 197

majeur qu'il avait au succès de ses demandes : après quelques diflicultés, la cour admit cette dérogation, et pour la première fois on vit le clergé et la noblesse accepter dans une réunion commune une inégalité qui était tout au profit du troisième ordre.

Les députés assistèrent au conseil le jeudi i décembre. Ils y apprirent que le roi était déjà résolu à leur accorder la surséance du droit annuel et la suppression du quart des pensions. « Quant à la taille, disait le président Jeannin, il n'y avnit apparen(,-e d'en demander le retranciiement : autrement le roi n'auroit moyen de supporter les charges de son royaume, ni vivre. » Hors la réduction des tailles, le clergé et la noblesse elle-même avaient appuyé toutes les demandes du tiers état '.

Cette attitude avança plus la réconciliation des deux ordres que n'auraient pu le faire les plus habiles efforts. Le tiers, tout entier à la joie de son succès, trouva l'occasion excellente pour tenter un rapprochement. Évitant de communiquer ses projets au clergé, il décida, séance tenante, qu'il enverrait une députation à la noblesse pour la remerciei' « sans parler aucunement du passé » et la prier de se joindre à ses efforts pour l'avenir afin d'obtenir la révocation définitive des commissions extraordinaires. La députation fut accueillie par les plus vives démonstrations, et la noblesse promit di' marcher d'accord avec le tiers. Ainsi se termina un différend dont les détails importeraient peu à l'histoire, s'il ne se rattachait, par l'esprit qui anima les deux adversaires, aux questions destinées à bouleverser la France : nous pouvons mesurer, à travers cette querelle, le degré d'humiliation du tiers état et les audacieuses vanités qui

Page 1