Procèi^-verbal du tiers, 13 décembre. 16" séance
2. Raymond de Montaii;ne, lieutenant de la sénéchaussée de Saintoniïe.
discours de son député : il avait cru que son éloquence entraînerait la reine mère. On peut juger sur cette illusion de la déception qu'il ressentit. L'émotion fut telle que, sans vouloir écouter Miron, les députés décidèrent sur-le-champ qu'une nouvelle tentative serait faite la semaine suivante *. On résolut en attendant de pousser activement la rédaction des cahiers.
Cet énorme travail était fort peu avancé : les députés étaient assemblés depuis deux mois, et, malgré un grand nombre de séances, les provinces venaient seulement de clore leurs compilations respectives (13 décembre) : il restait encore à réduire en un faisceau les douze cahiers que les gouvernements avaient dressés. C'est à cette dernière fusion qu'étaient renvoyées les solutions les plus délicates et en général toutes les questions débattues. Il avait été convenu que cette rédaction définitive serait commencée le 45 décembre, et on avait fixé d'avance les formes de cette difficile opération. On devait donner lecture du cahier de l'Ile-de-France et chaque article devait être successivement comparé aux articles analogues des autres cahiers, corrigé, discuté et mis aux voix.
Dès la première séance, on vit se soulever une querelle bien plus grave qu'aucun des débats d'araourpropre dont nous avons précédemment parlé. Il s'agissait de l'indépendance de la couronne vis-à-vis du saint-siège. Il n'était plus question du froissement des intérêts ou des vanités, mais des limites respectives de la puissance spirituelle et du pouvoir royal. L'esprit qui avait conduit et dominé les guerres religieuses, l'excommunication d'un roi, son retour à l'Église si intimement lié à la soumission thi royaume,