‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 90 sur 226 · LE CLERGÉ ET LE TIERS · texte numérisé non relu

LE CLERGÉ ET LE TIERS

sa niorl que lindignation populaire voulait allribuer aux plus sombres machinations du fanatisme, tels étaient les souvenirs qui irritaient les contemporains en leur faisant voir dans les maux dont ils soufiVaienl l'effet de do(;trines venues de Home. Ils ne voulaient à aucun prix qu'en dehors des frontières un pouvoir quelconque pût influer sur les affaires intérieures du royaume, et c'est au nom de l'indépendance nationale qu'ils s'apprêtaient à affirmer de nouveau les principes que trois cent douze ans auparavant d'autres États Généraux avaient proclamés. Ce n'est pas ici le lieu de distinguer ce qui appartenait aux passions politiques ou r(digieuses et ce (pii était réfléchi dans le sentiment qui entraînait le tiers état. Nous aurons occasion d'examiner plus loin ce grave prohlème '. Mais revenons au dépouillement des cahiers : lorsqu'on conuiiença à lire celui dn l'Ile-dc-France, le preuiirr article frappa vivement les députés, et on proposa de l'insérer en tête du cahier général comme loi fondamentale du royaume, afin de condamner la double doctrine du régicide et de la déposition des rois par le pape ^. Cet article proclamait l'affranchissement de l'État vis-à-vis de l'Eglise. C'était la formule la plus nette qu'eût produite la réaction de la société civile contre les grandes tentatives du moyen âge. Le mouvement qui l'avait inspiré était tout à fait général. A côté de la rédaction proposée par l'Ile-de- France, nous retrouvons les différents articles des onze autres provinces qui éclairent du jour le plus vif la pensée des députés et prouvent que dans toutes les parties de la France, avec des nuances plus ou moins accusées, le même courant emportait les esprits vers

i. Voir plus loin, Affaires ecclésifi.sli(/ues, p. 360, où sont exposés les antécédents de la question.

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