Voir procès-verbal de la noblesse, séance du 5 janvier
ÉVOCATION DE L'aRTICLE 211
réunissaient, ils apprirent que le roi venait d'évoquer l'article qui avait été voté le 15 décembre.
L"arrêt du conseil était du 0 janvier. L'évocation n'était point faite dans les formes ordinaires : c'était à sa propre personne que le roi évoquait l'article et l'arrêt, et il était fait défense aux États aussi bien qu'au ParleuKMit de s'occuper davantage de cette question.
Loin de soulever, connue ou devait s'y attendre, un mécontentement général, ces mesures furent prises en bonne part au premier moment par le tiers état. Tandis qu'un certain nombre de membres les blànuiicnt en jugeant « qu'elles blessoienl la liberté des états », « la plus grande partie se montroit satisfaite », parce que « la compagnie étoit déchargée du vacarme que ledit article eût infalllililement excité » (R.), et qu'en sonnue la déclarali(»n du tiers n'était pas supprimée '. Quelques heures plus tard, le président du tiers et douze députés étaient mandés au Louvre. Le roi les « remercia de la bonne volonté que le tiers état avoit témoignée à la conservation de sa personne, puis il les pria de travailler continuellement à leurs cahiers, qu'il désiroit voir achever pour.le 2o janvier ». Le président répondit au roi (jne ^< les fréquentes communications que les chambres avoient entre elles» retardaient le travail et empêchaient qu'on n'en vît la iin. A cela le roi répliqua que la rédaction des doléances devait désormais se poursuivre sans interruption-. .\ la suite de cette visite, les députés résolurent de se
i. La discussion qui avait eu lieu dans le conseil du roi donne une apparence à cette équivoque. Condé, bien qu'il eût pris la défense de l'arrêt et de l'article, concluait à l'évocation du dilîérend survenu entre les ordres. » Lorsque V. M., ajoutait-il, répondra les cahiers, nous verrons lors par votre prudence nos anciennes maximes confirmées. » (Original autographe [Archives de Condé], cité par M. le duc d'Aumale, t. III, p. 38.)