‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 101 sur 208 · DISCOURS DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

DISCOURS DE RICHELIEU

impie et élevé, d'une clarté vraiment éloquente. 'aite pour plaire à tous, cette harangue ne heurfldt aucune des susceptibilités si promptes à s'alarmer les groupes et des compagnies qui l'écoutaient.

Rattachant « tous les maux du royaume aux excesives dépenses et aux dons immenses qui se distriment sans règle et sans mesure », il attaqua la vénaîté de la justice, la multiplicité des offices, et Tinégaîté de l'impôt, qui permettait aux plus riches de se soustraire aux contributions publiques en acquérant des charges. Puis, après avoir tracé à grands traits les souffrances de l'État et montré que la réduction des dépenses était le seul remède, il en vint à parler de Tinfluence des évêques sur le gouvernement de la France . L'action des prélats, pleins de l'esprit de jostice et résolus à faire le bien, lui semblait indispensable à la conduite des affaires. 11 passait en revue Ros annales et rappelait tous les grands ministres qui avaient appartenu à l'Eglise. Si jamais un discours a ^té prononcé par un orateur avec le dessein arrêté d'ar- "ver au pouvoir et d'obtenir, au delà du succès ora- Wre, le triomphe de ses vues personnelles, c'est sans contredit celui qui sortait de la bouche de l'évêque de l^^çon le 23 février 1615, quelques mois avant de devenir le conseiller et l'inspirateur de Marie de Médicis et neuf ans avant d'occuper le ministère, îjijjrout occupé qu'il fût de l'avenir, Richelieu ne wicrifia pas à l'amour immodéré du pouvoir la charge qui lui avait été confiée par les députés du clergé. C'est à la reine mère elle-même, qu'il avait tant d'intérêt à flatter, que Richelieu demanda la satisfaction due aux États. Ce passage donnera idée du style et de la vigueur de tout le discours. « Nous croyons, madame, dit l'évêque de Luçon, que vous n'oublierez rien pour faire que cette assemblée, mise en pied par

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