IV
242 ÉTATS DE PABIS, 1614
VOS conseils, réussisse à notre avantage; les maux qui nous pressent vous y convient, votre aflfection envers nous vous y porte, votre honneur et celui du roi (qui vous est si cher) le requièrent, et Tintérêt de vos consciences vous y oblige tous deux.
« C'est, Sire, ce qui fait que plus hardiment nous conjurons Votre Majesté de ne nous point licencier d'auprès d'elle , que nous ne remportions à nos provinces de quoi contenter leur attente, et les consoler en leurs misères.
« Mais, que fais-je? je demande ce qui nous est très assuré, puisque par plusieurs fois vous nous l'avez promis, et que vos garoles sont, ainsi qu'elles doivent être, inviolables et sacrées comme votre personne.
« Vous l'avez promis ; et qui plus est, vous nous permettez à cette fin de députer quelques-uns des nôtres, pour assister ceux qui dès demain, sans perdre de temps, travailleront de votre part à la réponse de nos cahiers *.... »
A côté de cette harangue, qui mérite de demeurer célèbre, autant comme modèle d'éloquence politique qu'au point de vue du caractère de celui qui la prononça, les quelques paroles du baron de Senecey valent h peine une mention. La révocation des pensions, que la petite noblesse avait obtenue malgré les efforts des grands seigneurs qui vivaient à la cour, et l'abolition de la vénalité des offices, firent tous les frais de ce compliment banal.
Le discours de Miron fut tout autrement long et intéressant. Ses complaisances pour la cour ne lui avaient pas fait oublier ses devoirs envers le tiers état.
1. Voir ce discours à la fin des Mémoires de Richelieu. Édiiion Petitot.