‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 103 sur 208 · DISCOURS DE MIRON · texte numérisé non relu

DISCOURS DE MIRON

Avant la séance, il avait rendu compte à ses collègues des idées qu'il devait émettre en leur nom ; il y avait donc là une œuvre en quelque sorte collective qui était à elle seule un manifeste. Il commença en invoquant le souvenir des champs de mai, auxquels il compara l'assemblée des États, puis il résuma la situation des trois ordres et les réformes à opérer. Il parla de la noblesse avec une ardeur et une franchise qui dépassaient les vivacités du lieutenant civil et durent achever de blesser les gentilshommes *. En revanche, il constatait les désordres de la justice, et concluait en réclamant la stricte exécution des lois. « La gloire des princes, dit-il, ne consiste pas tant à faire multitude d'ordonnances qu'à les bien faire exécuter. »

Mais ce qui doit avant tout faire l'honneur du prévôt des marchands, c'est d'avoir su parler du peuple avec l'énergie d'un homme qui comprenait ses

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