CAHIERS DU CLERGÉ
posaient de se former en concile national pour dresser un règlement. Trois besognes distinctes et pourtant rattachées entre elles s'imposaient donc à l'assemblée : fondre les douze cahiers en un seul, dresser un règlement ecclésiastique et extraire des doléances les articles généraux qu'on présenterait tout d'abord au roi, après avoir essayé d'obtenir l'adhésion des ordres.
La première de ces taches, la fusion des cahiers, fut confiée à une grande commission composée de deux délégués par gouvernement. A ces 24 députés furent adjoints 6 autres membres : il fut entendu que tout député serait libre d'assister aux délibérations de la commission des trente.
Le 3 décembre, la compilation des cahiers provinciaux était achevée, mais il n'y avait pas moins de mille à onze cents articles : la confusion était grande et il fallait établir un ordre. Le surlendemain, sur le rapport du cardinal de la Rochefoucault, la division en chapitres fut votée, et on décida que « les matinées seroient employées aux choix, discussion et aveu des articles définitifs ».
Les discussions générales traînaient en longueur : il fallut aviser : le 16 décembre, on recommanda aux gouvernements de se réunir séparément pour préparer la besogne par un examen préliminaire. Si l'accord se faisait pour adopter ou rejeter un vœu, nul débat ne pourrait s'ouvrir, en séance générale; s'il y avait lieu à discussion, chacun devrait opiner avec brièveté .
Le 23 décembre, le clergé n'était guère plus avancé : une nouvelle commission de douze députés, à raison d'un par gouvernement, fut chargée des pleins pouvoirs pour réduire le cahier. Une foule de vœux portaient sur l'inexécution des dispositions des ordon-
nances royales : on résolut de rédiger an article collectif pour supplier le roi de tenir la main à Texécution des édits. Ces recommandations ne suffirent pas et on fut obligé de recourir à un nouj|Baa procédé de travail. On était à la fin de janvier : Q n'y avait plus de temps à perdre. '
Trois commissions furent instituées : la première, \ composée des délégués des quatre premiers gouvef- j nements, devait arrêter le cahier de l'Église; la ^ seconde, composée des délégués des quatre gouvernements suivants, devait remanier les chapitres de la noblesse et des finances ; enfin la dernière examinait . la justice et la police ^ Ces trois commissions terminèrent leur œuvre au milieu de février.
Le cahier du clergé, tel qu'il fut arrêté, comprenait 30â articles. Les matières purement ecclésiastiques furent Tobjet d'un cahier en 36 articles, ayajit pour titre : « Règlement spirituel que les prélats et ecclésiastiques supplient Votre Majesté authoriser. » Cette résolution du clergé constituait un acte d'émancipation : le clergé promulguait sa propre réforme; il accomplissait dans la session des États Généraux l'œuvre du concile national *.
La noblesse, retardée par les débats de préséance et les querelles d'étiquette, se mit moins vite au travail. Ce ne fut qu'à la trente-neuvième séance que, le 2 décembre, on commença à lire en assemblée générale tous les cahiers particuliers de l'Ile-de-France. Les autres gouvernements avaient achevé la fusion (les cahiers de bailliages de telle sorte que la lecture publique fut terminée le 19 décembre.
Après une assez longue discussion, il fut décidé
\. Séance du 23 janvier. V. le procès-verbal du clergé. 2. Ce règlement a été inséré à la suite des cahiers dans le liecupil des cahiers de 1614, p. 150 à 465.