Procès- verbal du tiers, p
2. Ce cahi(?r, que ne contient aucune de nos coHections de pièces imprimées, nous a été signalé par M. Charles de Beaurepaire, correspondant de l'Institut. Il est conservé en original aux Archives de l'Académie de Rouen, k laquelle il a été légué pur le conseiller de Cideville, ami de Voltaire.
efiforts que nous venons de rapporter, on mesure le sentiment que les députés des trois ordres avaient de leur propre autorité.
Dans toutes les tenues d'États, nous avons vu de quelle importance avait semblé la réforme du conseil. En effet, il ne suffisait pas de remettre en temps utile .les doléances au roi. Quel serait le juge de leur mérite? Qui aurait le droit de les rejeter, le pouvoir de les admettre? Sous le nom du roi, le conseil était le maître suprême. C'était son organisation qu'il fallait réformer.
Le clergé s'en occupa dans la séance du 2 décembre : « la confusion régnait dans le conseil, tant pour l'effrénée multitude des personnes qui y ont été introduites que pour l'extrême chicane qui s'y est mêlée ». Il fallait le composer d'un nombre déterminé de députés des trois ordres et établir un règlement invariable *. Il ne s'agissait pas seulement de réorganiser le conseil d'État ou le conseil des parties % mais de modifier le conseil privé du roi.
Gomme toujours, chaque ordre y apportait ses préjugés et le souci de son intérêt personnel. La noblesse y voyait trop de gens de justice et de finances; le clergé, trop de laïques; le tiers, trop de privilégiés. Les gentilshommes déclaraient que le fond du conseil devait être composé des princes du sang et des officiers de la couronne ' ; le clergé voulait que les députés à raison de trois ou quatre par chaque chambre assistassent au conseil. Sur ce la noblesse déclara qu'outre les grands officiers, elle était prête à admettre les six plus anciens conseillers, puis deux jours
i. Procès-verbal du clergé, p. 180.