‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 147 sur 208 · DIVISION · texte numérisé non relu

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État général de l'Église de 1588 à 46U, p. 313. — Progrès lent et continu, p. 3U. — Périodicité des assemblées du clergé, p. 315.

Gouvernement intérieur de VÉglise de France : 1° Provision des offices, p. 317. — 2- Discipline, p.*325. — 3° Biens ecclésiastiques, p. 338. — 4° Juridictions, p. 331.

Relations extérieures de VÉglise avec VÉtat et les citoyens. — 1° Rapports de l'Église et de l'Ktat, p. 363. — 2« Liberté religieuse, p. 378. — 3° Police religieuse, p. 390.

ÉTAT GÉNÉRAL DE l'éGLISE DE 1S88 A 1614

Depuis 1588, tout avait changé dans le royaume, mais aucun ordre n'avait plus gagné à cette restauration générale que le clergé. L'Église de France, au début de la guerre, s'était imprudemment précipitée dans le tourbillon des luttes civiles; après trente années d'efforts, elle s'était enfin aperçue que sa discipline y périssait comme ses mœurs, et que son influence diminuait chaque jour.

Pour elle, aussi bien que pour tout le royaume, la paix était la seule espérance de salut : l'Église rencontra hors de son sein le prince qui devait lui donner le calme dont elle avait besoin; elle l'accepta franchement, et lui-même, revenant à elle, prit en main sa défense et lui donna les deux conditions de sa renaissance : l'ordre général et la liberté intérieure.

L'histoire nous dit quelle fut sous ce règne la

iauration de tous les éléments qui constituent la force des États et leur grandeur; mais il faut rappeler en quelques mots ce que fit Henri lY pour les intérêts de rÉglise catholique.

Non seulement il ordonna que le culte fût reconstitué partout où les fureurs de la guerre diôle l'avaient fait périr S mais TeSet suivit de près les prescriptions. « De 1590 à 1610, sans jamais recourir à la forcôy il rétablit la messe et Texercice du culte catholique dans plus de trois cents villes, dont ils avaient été bannis pendant quarante ans '. » Le clergé tint des assemblées à Paris en 1596, en 1598 et en 16(^. La suite de ses remontrances relie la chaîne interrompue des cahiers, en nous conduisant du désordre le plus complet de la discipline aux merveilleux progrès accomplis en quinze ans. C*çst au roi qu'en revient 1 honneur. « Je sçais, disait-il aux députés du clergé en 1598, que la religion et la justice sont les colonnes et fondement de ce royaume, qui se conserve de justice et de piété, et, quand elles ne seroient, je les y vouldrois establir, mais pied à pied, comme je feray en toutes choses. Je feray en sorte. Dieu aydant, que l'Église sera aussy bien qu'elle estoit il y a cent ans. J'espère en descharger ma conscience et vous donner contentement ^. » Henri IV trouvait alors la moitié des évéchés sans titulaires, les autres pourvus de sujets indignes. Dix ans plus tard, tous les prélats avaient été changés, et le roi pouvait dire avec un juste orgueil, en présence des députés du clergé : « Quant aux eslections, vous voyez comme j'y procedde. Je suis glorieux de voir ceux que j'*ay establis

1. Lettres patentes de Henri IV, cdit vérifié au Grand Conseil le 20 mai 1596.

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