ÉTAT GÉNÉRAL DE L^ÉGLISE
bien différents de ceux du passé. Le récit que vous en avés faict me double encore le courage de mieux faire à Tadvenir *. » L'édit de 1606, en prouvant combien le roi était déterminé à réformer le clergé, consacra, en ce qui touchait le choix des prélats, les dispositions de Tordonnance de Blois *. Sous Henri IV, on peut prendre au sérieux les édits, et quand on voit une prescription inscrite dans les lois, il est permis de croire que la réforme effective a suivi de près la volonté royale. N'en avons-nous pas une preuve lorsque nous voyons combien sont moins vives en 1614 les doléances des ecclésiastiques et les plaintes des autres ordres? Évidemment, durant cette période, chaque année avait amélioré la discipline, épuré le clergé, augmenté les revenus, en un mot relevé et protégé Fexercice du culte catholique dans toute l'étendue du royaume.
L'eifort accompli par le clergé avait pour instrument très efficace les assemblés réunies régulièrement. Il se trouva que les embarras financiers du gouvernement des Valois rendirent, en 1560, à l'Église de France le plus signalé service. Le roi, dans sa détresse, fut forcé d'autoriser la tenue des assemblées périodiques : le clergé y apprit à se conduire et à régler ses propres affaires. Ses membres avaient des lumières, une grande expérience, l'usage de la parole; ils trouvaient dans leurs annales les souvenirs des conciles, les ecclésiastiques avaient appris à délibérer dans les chapitres. De 1561 à 1627, vingt-trois assemblées furent tenues ^. Les convocations, les procédés
1. Réponse du roi aux députés du clergé de France, le 5 décembre 1605, dans les Lettres missives, t. VI, p. 565, et dans le Mercure François, t. I, fol. 98, reclo.