Règlement du clergé, IV, XXVH
2. Uu tiers seulement du revenu ecclésiasticiue pouvait être Usi, et les év(V|u»»s n'èU'veuV v\ ce. \>çi\w\, de vue justiciables que
ë. une règle si sévère, mais le principe fut maintenu ; et comme, dans les temps de calme, l'absence des titulaires devenait chaque jour plus rare, cette question de discipline perdit peu à peu l'importance qu'elle avait empruntée aux longues guerres civiles.
La pluralité des bénéfices, qui avait soulevé de si vives doléances aux États de Blois, provoqua peu de plaintes en 1614 : l'ordre était-il complètement rentré dans l'Église? c'est un point qu'il est fort difficile d'éclaircir, mais la modération des remontrances est un indice, sinon une preuve complète, du progrès réel accompli depuis vingt ans. Seuls, la noblesse et le tiers se préoccupèrent de cette question, mais ils se bornèrent à la mentionner et ne semblent pas s'y être arrêtés (N. 30; T. 25).
La question des confidences et des commendes méritait d'ailleurs bien autrement d'appeler l'attention publique. « En plusieurs endroits du royaume, disaient les cahiers du clergé, les bénéfices, jusques aux plus petits, sont à la disposition de personnes laïques qui prennent telle part qu'il leur plaît au revenu desdits bénéfices *. » (C. 11.) La noblesse et le tiers état firent
des parlements. Art. 23, Édit de Louis XIV, concernant les juri- . dictions ecclésiastiques, avril 1695.
1. Le désordre était arrivé à un point qu'on ne peut imaginer, dans les premières années du règne de Henri IV. Non seulement les princes et les seigneurs possédaient des abbayes dont ils touchaient les revenus comme des biens de famille, mais « ils les vendoient à beaux deniers comptants, les bailloient en mariage, en troc et en escbange des choses temporelles » (Disc, de l'évêque du Mans on 1596, au nom du clergé)^ Les bénéfices étaient ainsi tombés entre les mains des protestants eux-mêmes, sous le nom d'ecclésiastiques désignés par eux : nous apprenons de Sully qu'il possédait quatre abbayes qui lui donnaient un revenu de 45 000 livres (Sully, (Economies royales^ chap. 157, t. II, p. 91, A. B.). En recouvrant la jouissance de ses revenus, le clergé trouva les moyens de négocier avec les détenteurs laïques : c'est à la suite d'une transaction
entendre les mêmes plaintes (N. 29, 66; T. 14, 39), et de cet accord des trois ordres, suivi d'un vœu formel exprimé en 1617 parles notables \ sortit le renouvellement de l'ordonnance de Blois *, qui annulait tout pacte ayant pour objet l'attribution des revenus à d'autres qu'au bénéficier exerçant les fonctions spirituelles ® : aux dispositions anciennes, l'article 18 ajoutait la réception en France de toute bulle relative à la simonie et réprimant les confidences. Ainsi, les juridictions ecclésiastiques étaient investies de pleins pouvoirs pour atteindre et poursuivre les coupables suivant les voies canoniques.
Pour assurer l'exécution de ces règles, les évêques furent tenus de faire les visites diocésaines « en personne : tous les ans, ils dévoient parcourir quelque partie de leur diocèse, en telle sorte que dans deux ou trois ans au plus, ils l'ayent tout visité * ». Cette visite tri(3nnalo avait été demandée par le tiers étal, (pli implorait rintervention du pouvoir civil pour contraindre les i)rélats à exécuter régulièrement et gratuitement ce devoir épiscopal (ï. 16). Le clergé décida (ju'aucune redevance ne pourrait être payée à
(le ce genre que Sully rendit au clergé, moyennant une indemnité, les quatre abbayes dont il percevait les revenus. {lOiiiy p. 9)}.)