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Bazin, Histoire de France sous Louis X///, t. I, p

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quérir, avec le revenu cl l'autorité des grandes charges, cette influence qu'elle n'avait pu se résigoer i voir lentement lui échapper depuis deux siècles.

Le clergé s'unissait au second ordre pour demander la suppression de toute vénalité et le rétablissement du serment par lequel les nouveaux titulaires juraienl n'avoir rien payé en entrant en charge (C. 227). Dégéuéré en une scandaleuse formalité, cet usage, (|ui muUiplait les parjures, avait été aboli par Henri IV quelques années avant l'institution de la paulette.

Devant une telle unanimité, la rtjyauté allait céder, lorsque le Parlement et la Chambre des comptes résolurent de s'opposer au projet. A la députation envoyée au roi le i janvier ' succédèrent une série de démarches; l'édi tétait rédigé ; il avait déjbété envovÉ dans les provinces, quand le mécontentement des officiers éclata de telle sorte que le pouvoir dut re- T culer. On ajourna les mesures à trois ans, ferme du bail de la Paulette * par une déclaration du 19 mai 1615 '.

En 1617, les États de Normandie rappelèrent, dans les termes les plus vifs, la promesse faite aux États Généraux, et supplièrent le roi de « faire cesser une si ignominieuse marchandise d'oHlciers * », A cette

I. Le Parlement, la chambre des comptes, la cour des aides, les trésoriers de France envoyèrent le 4 janvier au Louvre des dépulations qui haranguèrent le roi et la reine pour la cod- Bcrvation de la Paulette [Joui-n. d'Ai-n. iTAndilly, p. 33). Cette démarche toi renouvelée le t9 janvier «t enlln le H mai (Voit A. de Doialisle, Chambre des Comptes, p. 304).

S. Le 12 mai, un conseil fut tenu par la Reine. La sarséaDce de trois ans Tut soutenue par le Président Jeannin et par Chateauneuf {Journ. d'Arn. d'Andilly, p. 73, 1*).

5. Relation des Ètata de 1614. Archives curieuset, 2* série, t. I, p. 18â. Le texte de la déclaration du 19 mai termiae la relation, p. 223.

i. RemoDtraace des ÉlaU àe tlotouindia, art. XV. Voir États

pressante sommation, le conseil s'empressa de répondre que Sa Majesté y avait pourvu. En effet, l'assemblée des notables avait reçu communication du projet d'édit rédigé en 1615 : elle venait d'en approuver les termes*.

Le début de la déclaration royale appartient trop directement à notre sujet pour ne pas le citer. « Entre les remonstrances et réquisitions, dit le roi, qui nous ont esté faictes par les trois ordres et Estats généraux de nostre Royaume, assemblez en nostre bonne ville de Paris, il n'y en a point dont ils ayent fait poursuite avec plus grande instance, pour y obtenir prompte provision et remède, que de la révocation du droit annuel, interdiction de la vénalité de tous offices.... Ce sainct et louable désir ayant aussi esté en nous des lors que ^ nous sommes venus en aage de pouvoir discerner et cognoistre ce qui estoit utile et dommageable k nousmesme, à nos subjects et à nostre Estât : après avoir considéré que par ce moyen le choix nous estoit osté d'élever aux charges, honneurs et dignités ceux qui par leur intégrité et suffisance s'estoient rendus capables d'y parvenir, s'ils n'employent tous leurs biens et le plus souvent le crédit de leurs amis pour les achepter à un prix excessif, auquel le droict annuel les avoit fait monter... Cette assemblée d'Estats généraux ayant encore ajouté à leur supplication, tous ensemble d'une même voix et volonté, lorsqu'ils furent prêts de se séparer, qu'il nous pleust réformer tous lesdits abus au même instant et par un édict

Généraux, t. XVIII, p. 32. — Art. XVI. Édit. Beaurepaire. Soc, de VHist, de la Normandie, p. 137. Voir également p. 110, la 19» proposition faite à rassemblée des notables, où le roi se justifie du retard qu'il a mis à accomplir ses promesses. Mémoires de Mathieu Mole, t. I, p. 210.

4. 19e et 20c propositions. États Généraux, t. XVIII, p. 110.

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particulier, sans attendre les autres responses... ce qui leur fusl aussi accordé par nous, avec promesse solennelle d'en faire l'édict au mesme temps, et sans remise, comme il fuit fait. » Mai», ajoute le roi, les officiers en charge protesièrent qu'ils étaient ruinés et firent valoir uu édit daté du commencement du règne qui avait accordé la prorogation pour six ans du droit annuel. Par égard pour son propre engagement, Louis XIII leur avait promis de ne rien faire avant l'expiration de ce délai, pensant qu'on les trouverait prêts à. accepter à cette époque la suppression de l'annuel. Loin do là, leur irritation s'étant réveillée, les mêmes protestations se renouvelèrent pendant l'assemblée de Rouen '. Cette fois, le roi tint bon. (I Nous étions obligés, dit-il, de préférer k leur considération le bien général de nostre royaume et de ne point perdre de vue que nous ne devons priver nos Estais Généraux du fruict et efTect qu'ils ont espéré de leurs réquisitions et de nos promesses, w

Après ce préambule, le roi déclarait que, eu attendant l'édit général sur les remontrances des Etats de Paris ', il révoquait la dispense des quarante jours et le droit annuel, promettant toutefois qu'il gratifierait sur le prix des charges les veuves et les enfaots des offîciers, lorsque ceux-ci viendraient à monrir sans avoir résigné leurs charges, ou moins de quarante jours après cet acte '.

Grâce k ces mesures, les offices cessaient d'être mu

1. Le roi Tait allusion à uDe démarclie des gmndes comptgnies qui eut lien le 23 décembre (Voir Journal cPAm. <f.i»diliy, p. 339).

2. •' En attendant l'édit général que voulom faire puilicr dans .peu de jours sur les cahiers et remontrances des StaU tenus à Paris. » — Il s'agit [du projet d'édit de 16IB, qui ne rut pus promulgué.

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