‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 190 sur 208 · Clerffé, articles géoéraux · texte numérisé non relu

Clerffé, articles géoéraux

3. '« L'autorité que se donnent sur les lieux les plus puissans d'opprimer les plus foibles quand ils sont éloignés du soleil de la justice et des parlements, et les crimes qui demeurent estoulTpz dans la crainte et le silence des parties, et bien souvent impunis par la foiblesse et connivence des juges, sont cause que V. M. est supplice de faire tenir les Grands Jours... » (C. 247. T. 204.) Les États de la province de Normandie demandèrent instamment, en 164', la tenue des Grands Jours dans le bailliage de Rouen et du Cotcnlin, <« afin, disaient les notables, que votrvî pauvre peuple soulagé (Ij'S cruautés qu'on lui fait souffrir vous donne à bon droit le titre de Louis le Juste ». (Remonstrances, XXV.)

I ÉTATS ET >\UTABLI::S, Itil4~l<>2ti

L'ordonnance se borna à une promesse vague qui l'engageait nullement le pouvoir (Ord. â9).

Lit pcriodicité, qui aurait pu seule assurer le succès le ces solennelles assises, ne fut point accordée. Les Grands Jours tenus à Poitiers en 1634 furent féconit! résultats ', mais Orner Talon, qui y joua un rtlt important, rapporte que leur influence fut éphémère. <i On auroit dû. dit-il, promettre la tenue des Grand» Jours dans huit ou dix années ; car celle appréhension est capable de retenir la noblesse et les ofRciersen leur devoir '. » C'est â l'étroite jalousie du parlement de Paris que fut due linobservation de l'ordonnanee. Au sommet de la hiérarchie judiciaire, le tiers i-liil voulait placer le roi en personne : il souhaitait qu'à l'imitation de saint Louis, le jeune prince rendit la jn»^ lice & certains jours de la semaine ; c'était le rêve «i souvent conçu par Henri IV et qu'il avait réaerw pour sa vieillesse *. Les députés pensaient ouvrir ainsi uu recours suprême aux malheureux qui auraient

1. Une relation contemporaine des Grands Jours leauiàPoîliers en 161!^ s'exprime en leroies dignes d'être cités : • U rignur<:u3e poursuite que TaisoiL Taire la cour ûts r.TuadsJavf contre les crimioels, tit prendr,: l'air â bon nombre &<• pcC' sonne», et des plus puissants de ce pajs-rà, qui, pour évilerlj sévérité de^juge». prir.:nt occoaiou de s'aller promener ai Henri, contre lesquels néanmoins elle ne laissa pas d'agir, psrl'cdléremenl eouLre deui cent Ireate-trois, par son arrÉl du 33 dcvembre, au\ dépens de leurs biens et de leurs personne: mËmes, si on eûl pu les attraper- » {Archives curieutei de thiiloire de France, t. M, 2* série, p. 273 el suiv.j

2. Omer Talon, Mémoires, Collertion Michaud, t. I, p. 3i. - Malliieu Mole exprime ta même opinion. [Mëinoiret, t. I, p. 153')

3. Heori IV, gd eJet, répétait souvent : » Dieu me fera p«ulétre grdce, dans ma vieillesse, de me donner le temps d'allet deux ou trois Tois par semaine au Parlement, comme y olloi' lebon rot Louis XII, pour travaittisr à l'abrÉTiation des procfc Ce seropl 11 mes dernières promenades. « [Tableltei hislariflIM dei tau Ae France, riXies çro ïtsVtïOTk^ t, III, p. 70.)

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VU se fermer devant eux les portes de Injustice ; aussi le tiers état entendait-il soumettre moins les procès que les juges à la connaissance personnelle du souverain (T. 192). Cette satisfaction ne lui fut pas accordée, mais il en obtint d'autres plus sérieuses.

III. Compétences extraordinaires, — Les évocations, moins nombreuses sous le contrôle vigilant de Henri IV, avaient reparu à sa mort. Sully ne siégeait plus au Conseil pour renvoyer à la justice ordinaire les procès pendants *. Le Conseil des parties avait résisté depuis soixante aux efforts passionnés des parlements, aux doléances des Ëtats, à la volonté de la royauté elle-même ^. Les maîtres des requêtes se cantonnaient dans cette juridiction comme en une forteresse : le tiers état s'en prenait à eux; le temps

3.; était passé des demandes de renvois aux juges qui devaient en connaître, des déclarations générales et

• banales; les députés réclamaient une amende de trois mille livres prononcée par le Parlement contre le plus ancien maître des requêtes qui aurait pris part au jugement d'une affaire entre parties ' (T. 197).

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