CARACTÈRE DES CAHIERS
lières, qui permît au pays d'exercer une influence directe sur la législation. On se souvient enfin des efforts répétés de rassemblée pour faire déclarer que les lois fondamentales ne pouvaient émaner que des États généraux, et pour obtenir l'exécution directe des vœux. Ainsi fut soulevée la question la plus grave, celle du pouvoir même des assemblées nationales. Sans les manœuvres de la cour, les députés se seraient peut-être décidés à agir par voie de résolution et non de requête. Désarmant par de vaines phrases l'ardeur des représentants du pays, l'habileté du roi les arrêta dans cette voie et bientôt ses crimes les terrifièrent.
11 n'y a donc pas lieu de s'étonner du contraste qu'offrent les espérances des députés et les médiocres résultats de la session* On doit avant tout se représenter la terreur répandue par le meurtre des Guise, et les délibérations écourtées par l'arrestation des principaux membres du tiers. Entre la responsa- Wlité qui doit retomber devant l'histoire sur les députés accablés par la douleur et l'abattement, et celle îui pèse sur un roi qui avait promis des merveillet^ et qui n'a pas rendu un seul édit pour demeurer fidèle à ses serments, il n'y aurait pas d'hésitation possible si l'on ne se souvenait qu'il ne s'est écoulé que sept Dïois entre le départ des députés et le crime de Jacques Clément*