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IRRÉSOLUTIONS DES ÉTATS

de Mayenne par l'offre d'une conférence entre les deux partis qui poseraient ainsi les bases d'une paix si ardemment souhaitée.

En possession de cette proposition depuis le 28 janvier, Mayenne avait le devoir de la communiquer aux États dès la première séance; c'est ce qu'il fit le 4 février, malgré l'opposition des plus ardents, qui voulaient la déchirer sur-le-champ. Une telle lecture ne manqua pas de soulever des orages. Le clergé se retira pour en délibérer, puis il conclut, ainsi que les ordres laïques, à la nécessité d'une nouvelle discussion, en rejetant d'une seule voix la proposition faite par les plus violents de soumettre au jugement de la Sorbonne ce document inspiré et écrit par des hérétiques.

On conçoit aisément les irrésolutions des États : dès le début de leur session, se trouvait posée la question la plus grave qu'ils fussent chargés de traiter. De la réponse qu'ils allaient faire aux ouvertures des royalistes dépendait en réalité l'élection du roi. Pour demeurer conséquents avec eux-mêmes, ils devaient la rejeter sans examen; mais que dirait la dation? que penserait-elle d'une assemblée réunie en un temps de troubles pour calmer les esprits et repoussant par une décision absolue les premières propositions de paix? L'autorité des États recevrait un coup fatal qu'une conduite prudente devait à tout prix écarter. Mayenne redoutait les Espagnols et n'aimait ^ère Henri IV. Placé entre les deux factions, il cherchait à ne décourager aucune de leurs espérances, afin de prolonger l'interrègne au profit de son pouvoir personnel* Il était très politique et très ambitieux, tout en comprenant que, s'il pouvait à un moment donné faire un roi, il était incapable d'occuper luimême le trône. A cette époque, il s'alarmait surtout

des hésitations des États, qui ne se décidaient pas repousser les avances de Henri IV. D'un jour à l'autr les événements pouvaient se précipiter. Il fallait pr venir les Espagnols. Aussi prit-il le parti de quitti subitement Paris, au moment où l'assemblée avait plus grand besoin d'un guide, pour courir au-devai de l'ambassade que Philippe II, avec sa vigilanc ordinaire, envoyait aux États Généraux (8 février).

Laissés à eux-mêmes, les États ne tardèrent pas s'occuper de la réponse qui devait être faite à la letti des royalistes. Les députés continuaient à arrive Ceux de Normandie, après de longs détours et le ph périlleux voyage, étaient parvenus à pénétrer dai Paris, et les bureaux s'étaient constitués le 8 févrie Pendant tous ces délais, les idées pacifiques avaiei fait leur chemin : les Espagnols n'étaient pas ph sympathiques à la majorité de l'assemblée qu'à '. France elle-même. En vain le légat, les partisans ( l'Espagne et les plus passionnés ligueurs s'efforcèren ils de remuer Paris : les masses demeuraient imm( biles, et ni les intrigues, ni l'argent n'empêchaient progrès des modérés. Le légat lui-même subissait cet influence; d'abord plus dévoué à Philippe II qu'î saint-siège, il finit par se montrer moins vif. Enfin, 25 février, après les plus longs débats, les trois ordn décidèrent séparément qu'ils consentaient à la coi férence demandée par les amis de Henri IV.

La noblesse avait été, dès le début, favorable au négociations avec le parti royal. Le tiers état s'éta laissé vaincre par l'influence du président Le Maistre et d'Etienne Bernard, dont nous avons vu le beau rô cinq ans auparavant à Blois, et que Dijon avait nomm

1. Jean Le Maistre, l'un des quatre présidents au Parlemei et député de Paris.

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