‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 30 sur 208 · IV. — Ç · texte numérisé non relu

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puta le président Le Maistre, Etienne Bernard et ( Laurens *. Le duc de Mayenne envoya en son ne Tamiral de Villars ', le comte de Belin ', le préside Jeannin et Ville roy *. La majorité de ces commissair représentait l'union des convictions catholiques françaises, qui formaient alors la véritable opinion la France. Ils n'étaient pas encore déterminés à rallier à un roi hérétique, mais on sentait que la pi part étaient prêts à se jeter dans les bras de Henri '. s'il abjurait le protestantisme. Le duc de Mayeni comptait cependant parmi ces députés quelques hor mes dévoués, mais le duc de Féria dans ses rappor au roi d'Espagne est forcé de convenir qu'il ne pe se fier à aucun d'eux ^.

De leur côté, les royalistes choisirent leurs commi saires : larchevêque de Bourges ^, Schomberg ' l'historien de Thou * étaient les trois membres 1< plus considérables de cette ambassade, qui se dirige vers Paris et s'arrêta à Suresnes, où devait s'ouvri

1. Avocat général au parlement de Provence et député at Étals.

2. André de Brancas, amiral de Villars, lieutenant générale Normandie, ardent ligueur opposé à toute conciliation. 11 deva après l'abjuration soutenir contre Henri IV le siège de Rouei

3. François d'Averton, comte de Belin, gouverneur de Pari favorable à la conciliation, ennemi du parti espagnol.

4. Nicolas de Neufville, seigneur de Villeroy, né en 154 mort en 1617. Partisan des Guise, puis membre du tiers pari il appartenait dans le conseil du duc de Mayenne au groupe plus modéré.

5. Voyez sur l'opinion de tous les députés les notes envoyé' à Philippe II par l'ambassadeur d'Espagne. Procès-verbaux d États de 4593, p. 700.

t). Renaud de Beaune. Voir notre 111^ volume, p. 384, n. 1.

7. Gaspard de Schomberg commandait les troupes allemai des au service de Henri IV; il mourut en 1609.

8. Jacques-Auguste de Thou, né en 1533, mort en 1617. A leur de VHistoire univei'spjle^ de Thou était meml)rç dq Pftrl ment.

CONFÉRENCE DE SDRESNES 83

le 29 avril, la conférence vers laquelle tous les regards se tournaient.

Pendant que ces préparatifs s'achevaient avec une activité qui révélait l'impatience générale, les parti' sans de Philippe II, battus dans les États, commençaient à s'alarmer sérieusement des progrès de l'opinion publique. Ils recoururent aux prédicateurs qui leur étaient tout dévoués : ceux-ci tonnèrent du haut des chaires contre la Conférence, et les Seize, se mettant à l'unisson de leur langage, firent afficher une protestation contre tout ce qui se ferait à Suresnes, répétant que les États devaient nommer sans tarder un roi catholique agréé du pape et du roi d'Espagne, Afin de se rendre populaires dans le sein d'une bourgeoisie qui les méprisait, les Seize parlaient hautement des libertés publiques, dont ils se disaient les champions; ils promettaient que, sous la monarchie nouvelle, les États seraient convoqués tous les cinq ans, et que leur autorité serait prépondérante. Ni le peuple, ni les États ne se laissaient prendre h ces paroles mensongères.

La conférence de Suresnes s'ouvrit au jour indiqué, fit son premier acte fut de stipuler un armistice pour les environs de la capitale. Cette nouvelle fut accueillie dans Paris avec des transports de joie, comme l'avant-coureur d'une paix ardemment souhaitée. Après de longs préliminaires, la discussion s'ouvrit fiûtre Renaud de Beaune, archevêque de Bourges, et l'archevêque de Lyon, d'Espinac, qui tenait pour Mayenne. Tous deux avaient été désignés par leurs collègues pour soutenir l'effort des débats : l'un s'appuya sur les traditions du royaume et le principe inviolable de l'hérédité monarchique ; l'autre, sur la foi catholique et la nécessité de donner à la nation

m chef qui professât cette doctrine, C'est ûçtxvs. e^^

termes que la discussion se prolongea pendant la première partie du mois de mai. Enfin, le 17, un^ dernière réunion eut lieu : au début de la séance, Tarchevêque de Bourges annonça la prochaine conversion de Henri IV. Cette nouvelle souleva au premier abord l'incrédulité des plus ardents,. mais elle se répandit bien vite parmi les politiques et les partisans de la Ligue française. D'Espinac repoussa* cette terrible déclaration, en annonçant que- les ligueurs ne poseraient les armes que si le pape confirmait par son absolution l'abjuration du prince hérétique. Mayenne se croyait sûr de Clément VIII e* s'abritait avec confiance derrière cette réserve. — • L'archevêque de Bourges répliqua que le pape, do-* miné par les Espagnols, ne jouissait pas d'une pleine liberté; que les prélats de France seraient les meilleurs juges de la sincérité de la conversion. Il ajouta enfin que, en présence des dangers qui menaçaient le royaume, Henri IV offrait par sa bouche une trêve de trois mois. — D'Espinac était confondu : il s'efforça de contester la sincérité de ces offres, mais on l'arrêta en lui remettant les propositions écrites, et en lui demandant formellement de donner au nom de la Ligue une réponse au roi.

Ains^la Conférence, qui n'avait paru à Mayenne qu'un moyen de temporiser sans rien résoudre, l'acculait à une situation sans issue. Pris entre la hardiesse habile de Henri IV et la froide ténacité de Philippe II, essayant de les jouer tous deux sans y parvenir, le chef de la Ligue n'avait plus qu'une chance de salut : c'était de presser l'élection avant que la nouvelle de l'abjuration eût jeté le désarroi parmi ses partisans. Privés de chef depuis le départ de Mayenne, les États l'avaient rappelé à Paris pour retrouver le point d'appui qui leur manquait. Il v

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