ARRÊT DE LA LOI SALIQUE
brièveté, en se plaignant « de Taffront qu'on lui faisoit de donner tel arrest et de telle conséquence, sans luy en avoir auparavant communiqué * ».
Sa première pensée fut de faire rapporter Tarrét : le 30 juin, il tenta une démarche auprès de quelques membres du Parlement : avant échoué, il les menaça d'employer la force. Pour toute réponse, le Parlement lui envoya dire, le l®*" juillet, que les magistrats avaient « protesté tous de mourir avant que l'arrêt fût changé ou rompu ». Ainsi, pour le duc de Mayenne, ce n'était pas seulement un affront, c'était la ruine de ses plus chères espérances. La portée de cet arrêt dépasse infiniment ce qu'en ont dit la plupart des historiens *. Non seulement Philippe II, l'infante Isabelle, l'archiduc Ernest et les princes de Savoie se trouvaient exclus, mais, sous le uom d'étrangers, le Parlement comprenait, comme le faisaient tous les contemporains, les princes de la maison de Lorraine. L'arrêt allait donc jusqu'à déclarer que les seuls candidats sérieux étaient les princes de la maison de Bourbon. Que Henri IV ren- Ifàt dans le giron de l'Église, et c'était à lui seul que profitait l'acte du parlement de Paris.
Les conséquences de cette déclaration furent aussitôt entrevues par tous ceux qui avaient le sens des affaires politiques. Pendant que Mayenne était ballotté entre le découragement et l'irritation, les États de la Ligue recevaient l'arrêt de la loi salique,dont le texte commençait èi se répandre grâce aux soins des conseillers qui l'avaient rendu. La noblesse en prit occasion de se déclarer nettement et d'annoncer qu'elle ^® se croyait pas les pouvoirs suffisants pour élire un
^' Mém. de Ghiverny.
^ ^* M. Poirson a fait ressortir toute son importance, t. I, p. 440.