‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 45 sur 208 · Legrain. Décade ^ liv. VI, p · texte numérisé non relu

Legrain. Décade ^ liv. VI, p

2. « Advis que donnent au Roy ses très humbles serviteurs et subjectz assemblez, par son commandement, en la ville de Kouen, sur les moïens qu'ilz estiment devoir estre tenus, soubz son bon plaisir, pour le soustenement de sa dignité royale et

rédigeaient ce document, la plus grande partie de rassemblée était absorbée par les problèmes que soulevait la question financière.

Le premier but poursuivi par les notables avait été d'élever à 30 millions les revenus de l'État. Ils ne se contentèrent pas de ce résultat : se souvenant des causes de la détresse absolue des finances du royaume sous les Valois et convaincus, par une expérience d'un demi-siècle, que l'administration royale était incapable de borner ses dons et de faire de sérieuses économies, ils voulurent la mettre réellement en tutelle.

Ils remarquèrent que TÉtat avait deux sortes de dépenses distinctes : celles qui résultaient de circonstances variables et dont l'évaluation dépendait des événements politiques : la guerre et tout ce qui se rattachait à l'organisation militaire, les frais d'ambassades, et cet ensemble de dépenses qui sont le luxe des rois, tels que les bâtiments, les dons et les pensions. Les autres charges avaient un caractère fixe; elles étaient la conséquence d'obligations absolues, se renouvelaient tous les ans dans une mesure connue à l'avance et ne pouvaient être modifiées par le pouvoir sans inconvénients graves pour le crédit intérieur de l'État : les gages des officiers, les rentes, leurs arrérages et les autres dettes du royaume formaient cette seconde catégorie, qui était évaluée à quinze millions.

C'est en prenant ce chiffre pour base que les notables imaginèrent de diviser le budget en deux parts,

de son Estât, et pour donner le soulagement à son peuple, qu'il peult recevoir entre les violences et oppressions dont il est misérablement travaillé. » Le texte (Bibl. nat. Ms. Dupuy, t. 212) a été publié en décembre 1868 par M. Poirson, dans les Documents nouveaux sur V histoire de France (Didier), p. 53 à 73.

Page 1