Sully montre une si grande animation contre l'assemblée
La seconde ressource à laquelle les notables firent appel fut la réforme et l'amélioration de quelquesunes des branches du revenu public. La vérification des rentes, la destruction des forteresses inutiles dont l'entretien ruinait le trésor, une meilleure comptabilité et l'adjudication nouvelle des fermes du domaine qu'avaient demandée les États de Blois, tel était l'ensemble des mesures qui devaient augmenter dans une proportion considérable le revenu de l'État *.
Mais toutes ces résolutions, quels que fussent leurs résultats probables, ne pouvaient dans le cours de l'année même remplir le trésor royal : or, au commencement de janvier 1597, « on se trouvoit à l'extrémité », suivant l'énergique expression de la Force * Les notables prirent un parti radical et recoururent à une sorte de banqueroute en décidant que « les gages des officiers seroient reculez d'une année ^ » e"! que le roi serait mis en possession des fonds destinée à leur payement. Jamais un parti si grave n'avait ét«^ pris dans des conditions plus dignes de remarque les membres des parlements formaient la majorité d ^ l'assemblée de Rouen, et c'est du sein de cette majorit * que partait une décision qui privait de leurs appointements les magistrats des cours souveraines et les pr^ miers fonctionnaires de l'Etat. Ce généreux sacrifice ^ devait rapporter au trésor quatre millions et demi *
des notables, que nous ne devons accepter ses indications sui ce point qu'avec la plus grande réserve : un État au vrai de la valeur des finances dressé à la même époque porte le produ/t du sol pour livre à 1 563 594 livres. (Suite des manuscrits Dupuy» t. 47, folio 259.)
1. Voir le procès-verbal de l'assemblée de Rouen. Manuscrit Dupuy, t. 208. — Advis au Ruy..,y p. 62 et suiv.