Legrain, Décade de Henri le Grand, liv. VI, p
4. Procès-verbal de l'assemblée. Exactement : 4 645 248 livres.
«Aussitôt que cet article fut arresté à Rouon, on fit partir des commissaires, lesquels se transportant par les provinces et généralitez examinoyent les estats des recepveurs, et prenoyent en leurs tabliers et comptoirs les deniers qu'ils debvoient avoir pour les gaiges des officiers *. »
Le budget ordinaire devait s'élever, d'après les notables, à 14 millions et demi de dépenses indispensables et à 15 millions de dépenses variables se rattachant plus spécialement à la Couronne.
De cette division toute factice des dépenses naquit le projet de faire deux parts du budget lui-même et d'en attribuer une au roi, tandis que la perception et l'emploi de l'autre moitié appartiendraient h une déléga:tion permanente de l'assemblée des notables qui siégerait sous le nom de comeil de raison, Cette création fut Técueil sur lequel vinrent se briser, d'après Sully, les efforts jusque-là fort sensés de l'assemblée de Rouen. Imbus de l'esprit parlementaire, confondant avec l'administration elle-même le contrôle, qui, pour être efficace, doit en être séparé, les notables imaginèrent de laisser à un conseil nommé tout d'abord par eux et plus tard par les parlements la moitié du gouvernement. Les gages des officiers civils, les fiefs et aumônes, les rentes et les dettes du royaume, telles étaient les dépenses en regard desquelles étaient placés 15 millions de recettes : ce sont « ces cinq millions d'escus... dont ce conseil de raison auroit la disposition et ordination absolue, sans que le Roy, son conseil, ny les cours Souveraines y eussent aucun pouvoir, ny qu'ils en pussent rien divertir, changer ny innover * ». Le champ