‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 63 sur 208 · INDUSTRIE ET COMMERCE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE ET COMMERCE

posait plusieurs moyens de ranimer l'industrie : le premier de tous était l'établissement d'un régime de prohibition entièrement conforme aux vœux des États de Blois. Il voulait ramener dans l'intérieur du royaume la production des étoffes de tout genre qu'on achetait à l'étranger. Les notables examinèrent avec attention ce système. Ils ne se prononcèrent pas sur les propositions de Laffemas relatives à la création de chambres de commerce, à l'établissement de manufactures dans chaque ville et à la propagation du mûrier, dont le roi, pour donner un salutaire exemple, venait de planter plusieurs allées des Tuileries *. La prohibition des étoffes fabriquées parut aux notables le meilleur encouragement qui pût être donné à l'industrie naissante et, après une discussion contradictoire, ils émirent leur opinion dans des termes qu'il est fi propos de rapporter. Les notables demandent « que l'entrée du fil, draps et passements d'or et d'argent, ensemble toutes sortes de marchandises de soyes et laines manufacturées hors le royaume soient deffendues en iceluy; et que les soyes et laines creues soient deschargées de l'impost et droict de douane qu'elles payent et que les nionopoles soient empeschez, et deffendu de transporter les laines et autres étoffes non manufacturées

hors le

royaume

Ainsi les mémoires envoyés au roi s'accordaient ^vec les convictions traditionnelles des trois ordres pour provoquer des mesures prohibitives. Ce ne fut pas

1. « Les meuriers quo Sa Majesté a fait planter aux allées du Jardin du roy aux Tuileries, il y a huit ans », dit Laffemas dans une publication sur cet arbre précieux faite en 1604. M. Poirson, t. 111, p. 247, fait remarquer, grâce à la date de cette brochure, que les mûriers furent plantés en 1596, trois ans avant les efforts d'Olivier de Serres.

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