Advis donné au Roy par les notables^ p
toutefois sans de légitimes hésitations que Henri W se décida à fermer aux étrangers le marché français» Il comprenait que, avant d'interdire l'importation, il fallait ouvrir au dedans du royaume une source de produits qui pût répondre aux besoins de la consommation nationale. Aussi Fexécution du vœu des notables fut-elle différée de quelques années; pendant cet intervalle, Henri IV s'appliqua à développer l'industrie des tissus : il voulut consulter les manufacturiers et les marchands de Tours, et quand il crut, sur leurs promesses, que les produits fabriqués non seulement suffiraient au royaume, mais permettraient encore l'exportation vers les pays du Nord, « il deffendit l'entrée des manufactures d'or, d'argent et de soye en France, suivant ce qui avoist été arresté à l'assemblée de Rouen ^ ». Cet édit fut publié au mois de janvier 1599 ^.
Malheureusement le vœu des notables était inexécutable : à peine l'édit fut-il rendu « à la poursuite des marchands et ouvriers en soye do Tours, que les douaniers de Lyon et autres banquiers » s'y opposèrent ^ Les gens de Tours avaient trop présumé de leurs forces : ils étaient incapables d'approvisionner le marché français; les consommateurs continuaient à demander les étoffes de Flandre ; tandis que les droits de douane qui alimentaient si utilement le trésor se trouvaient subitement taris par la prohibition absolue, les marchandises entraient en contrebande; les tissus étrangers se vendant fort cher et l'insuffisance des lignes de douane les laissant passer presque partout, le numéraire continuait à sortir du