Palma-Caycl, ibid
INDUSTBIE ET COMMERCE 157
royaume; ainsi le commerce et l'impôt étaient atteints du même coup au profit de quelques manufacturiers. La perturbation était telle, qu'il fallut revenir sur la mesure sollicitée par les notables : Henri IV révoqua Tédit de prohibition pendant son séjour à Lyon *. Le vœu de l'assemblée de Rouen ù'avait pu supporter une année d'épreuve. Pendant k reste du règne, les édits prohibitifs continuèrent à frapper les brocarts d'or et d'argent pour faire exécuter les lois somptuaires, mais le drap et la soie De furent soumis à aucun droit, afin de stimuler les efforts de la concurrence nationale.
Bû résumé, à la fin du règne de Henri IV, la pro- *«clion des tarifs se trouve substituée à la prohibition un instant adoptée. Bien que semblables aux ^^oléances de Blois, les vœux des notables étaient plus absolus; mais, après un premier échec, le pouvoir "^sîte èi s'engager dans une voie qui lui est incon- ^^^. Entre les manufactures, les produits agricoles et ^® commerce, il ne sait à quel intérêt il doit donner ^^Usf action.
lie plan de Laffemas, que Henri IV sut si bien appliquer en ce qu'il avait de bon, reposait sur une l^ge extension de l'industrie des tissus : la soie mé- ^^tait, suivant lui, toute l'attention du roi. Nous avons ^U comment le prince suivit ces conseils. Les notables, ainsi que la plupart des assemblées, redoutaient ^^s innovations : d'ailleurs ils ne pouvaient deviner ^Uel avenir était réservé à cette merveilleuse accliîïiatation d'un arbre et d'une chenille. Pour ranimer l'industrie, ils se bornèrent à proposer quelques encouragements en faveur des ouvriers étrangers qui viendraient travailler dans les manufactures du
\ . Sully, (Economies royales^ chap. xcn, t. I^ p» 317*
royaume. Ils souhaitaient notamment que la naturs lisation fût accordée de plein droit à tout ouvrie ayant « travaillé continuellement dans le royaum durant trois ans * ».
Henri IV comprit qu'il ne fallait point demande à l'immigration un effort qu'elle ne pourrait accom plir qu'au prix des plus grands inconvénients pou l'avenir et la popularité des manufactures. Il voulu créer des ouvriers français.
Quand il eut définitivement lancé l'industrie nationale dans la voie prospère qu'il rêvait pour elle, iJ se servit de la pensée exprimée par les notables poui implanter en France la fabrication des tapisseries de Flandre, mais ce fut là une mesure exceptionnelle e1 non un système général.
Nous ne pouvons suivre dans le détail des faits la persistance de ce vaste et infatigable génie.
Il faut lire dans les recherches de M. Poirson le récit des efforts personnels du roi pour établir en France l'industrie de la soie et voir quels succès les récompensèrent; il faut étudier une à une les sources de richesses découvertes par Henri IV et répandues dans chaque province, ne pas s'arrêter aux objets de luxe portés à un haut degré de perfection, comparer les prix des vêtements ordinaires, des étoffes de laine et de coton fabriquées dans des conditions toutes nouvelles. L'énumération de ces progrès permet de juger et d'admirer l'impulsion donnée pendant ce règne à l'industrie française.
Commerce intérieur, — Occupons-nous maintenant du commerce et voyons son rapide développement, dû à une série de mesures vamement réclamées aux États de Blois.
J. Advis au Roy. ..y p. 65.