Asx. des notrddes. 0 février
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marchands élraiii^ers et sultjecls de nosdits voisins y vendi'ont et arliepteront dorénavant ».
Mais les relations dipl(ini;ili(|U(!s, avant de protéger les intérêts pécuniaires, avaient à accomplir un devoir encore plus impérieux : elles devaient exiger de certaines puissaniH's moins civilisées une garantie elïicace de la vie même des marchands. Les Turcs infestaient la Méditerranée. Partant des ports barbaresques ou d'Alger, ils croisaient entre les côtes de Fran(;e et d'Italie, imposant au commerce maritime une ruineuse contribution. Le traité de 1001 passé avec le sultan avait arrêté les pirates turcs, mais non les corsaires d'Alger ou de Tunis qui obéissaient de moins en moins à l'autorité de Constantinople.
Après bien des tentatives faites pour les amener à exécuter le traité signé par le Grand Seigneur, on avait dû recourir de nouveau au seul moyen de les mettre à la raison, à l'emploi de la force pour les intimider et les contenir. La faiblesse du nouveau pouvoir qui gouvernait depuis quelques années la France avait réveillé l'ardeur des pirates, qui avaient fait d'énormes prises et retenaient un grand nombre de captifs (T. Oo'J).
Rien n'est plus intéressant (pie d'étudier dans les cahiers l'état exact des mers à cette époque. On ne peut se figui'er l'anarchie absolue qui régnait dans les l'ajjports entre les dillërentes nations : le c'ommerce maritime était dans la première phase de son déve- Inppement, les lois qui commençaient à se dégager de ce chaos n'étaient encore visibles que pour les esprits supérieurs qui travaillaient à les préciser ^ Sur la mer régnait encore cet état de nature contre lequel la
1. firnliiis veriuil d'acliever depuis six ans son livre de Uj Liberté des mers.
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civilisation tciul de plus en plus à rûayir; la Manche Vdvail tics pirates anglais guetler les navires qui sortaient des poi'ts (Ir .Ndiiuandie ; Livourne servait de l'cfuge aux <( escuiueursde nier » qui épiaient les riches navires échajjpés à l'adresse du Turc (T. OO.'J). Le tiers état s"iudij;nait de ce brigandage et voulait (jue h^s ambassadeurs de Franco exigeassent du roi d'Angleterre et du duc de Florence que la mer fût rnidur libre Le remède auquel recourait le pouvoir était fort dangereux. Au lieu de négocier én(^rgiquement, il armait en course sous prétexte de mettre à la raison les corsaires. D'avides aventuriers obtenaient des lettres de marque et contribuaient par leurs coups d'audace à aggraver le péril des navigateurs. ]j0rs même que le gouvernement n'autorisait pas la course sur les mers qui baignaient les côtes de France, il la permettait toujoui's au delà d'une certaine ligne (|ui semblait la limite extrême des droits de la civilisation K Le tiers état se plaint énergiquement des représailles dont il est la principale victime : en certains pays, dit-il, les marchandises françaises sont saisies « à cause des pirateries » que commettent siu' les sujets des puissances étrangères les capitaines français qui obtiennent de l'amiral la permission d'aller faire des prises au delà de la ligne. Le tiers réclamait la suppression de ces lettres de marque, la punition sévère des corsaires quels qu'ils fussent, et l'oldigation pour tout capitaine sortant d'un port français de déposer une (caution qui servît de garantie contre toute entreprise viitleidi; accom|)lie dtii'ant son voyage (T. GG2).
d. Celle singulière limite était lixée pour le midi au tropique ilu Cancer; pour l'occident, au premier méridien qui passait par l'ilc de Fer, la plus occideutalc des Canaries. Voyez la déclaration du roi en date du 1" juillet 1634, Ane. lois fraîiraiscs, I. \V1. p. '.on.
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Malgré les onil)arras (\uv lui suscitaient les commencements de la guerre de Trente ans et les difficultés de la politique intérieure, Richelieu donna en 1633 une sorte de satisfaction aux plaintes des Ktats généraux en armant, comme ils l'avaient demandé, à Marseille, à Toidon et à Antibes douze galères avec ordre de surveiller les côtes et de donner la chasse aux IJarbaresijues qui avaient établi leiu- centre de ravitaillement aux iles d'Ilyères (T. 005). Ce ne fut que dans les années suivantes que furent nouées de nouvelles négociations avec les pachas d'Alger et de Tunis, ainsi qu'avec le Maroc, dont les corsaires devenaient également redoutables. Si la Méditerranée ne fut pas complètement délivrée des pirates, les efforts de notre diplomatie parvinrent à nettoyer les côtes et à rendre qu(>l(iue sécurité aux navires qui faisaient le commerce avec (îènes et Livourne.
Pendant la session, l'amiral de Montmorency ', (jui siégeait parmi les députés de la noblesse, avait présenté à ses collègues un prf)jet de requête au roi dans la({uelle il démontrait la nécessité d'établir des galères pour assurer la sécurité des côtes de l'Océan contre les corsaires, qui « s'étoient tellement licentiés depuis* deux ans que les sujets du roi en avoient reçu dommages de plus de deux millions d'or. Y remontroit qu'il n'y avoit si petit État, qu'il n'eût des vaisseaux sutlisamment pour se conserver, et que la France seule négligeoit le métier de la marine, quoiqu'elle eût toutes les commodités pour rentretenir, à savoir les cordages et bois de haute futaie -. »
•1. Né en lailo et filleul de Henri IV, Henri de iMontniorency fut fait amiral de France par Louis XHI en 1612. Il devait périr sur l'échafaud en 1633, après avoir pris part à la révolte de Gaston.
2. Voyez relation de Rapine. États Généraux, t. XVI, 2<" part..
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La iiolticssc a|»|trouv;i i-r vn-ii, ;i l.i i niidilion quo les sit'iililsIioiiiiiK's soûls pusst'iil èlrc capitaines des ffalères du roi. Le clergé se borna à signaler au roi rcxanien dune proposition «Mnance do financiers « pour niettie es ports et havres, sous trois ans, trente vaisseaux de guerre de 500 tonneaux « (C. 103). Le tiers état, retenu sans doute par la crainte des dépenses excessives, demeura silencieux.
Pendant le règne île Henri IV, les vaisseaux (jui sortaient du port de Marseille pour se rendre en Italie gagnaient la pleine mer atin déviter les j)arages des Iles d'Hyères. puis j'cvenaient vers Antibes pour longer la cùte jusquà Gènes; c'était la seule route qui oflrit quelque sécurité. Le duc de Savoie avait imaginé de forcer tous les navires à relâcher dans le port de Villefranche *, où il percevait un droit de deux pour cent sur la valeur des marchandises transportées. Il avait fallu que Henri IV adressât lui-uu?me des réclamations au duc de Savoie le tî juillet 1603 - pour que cette exaction disparût. A peine la France eut-elle été jetée dans les troubles de la régence, que l'insatiable Charles-Emmanuel renouvela ses prétentions : plusieurs galères croisaient devant la rade de Villefranche et mettaient à contribution les vaisseaux qui passaient à plus de vingt milles en mer. Ainsi le commerce si' trouvait pris enti'e les corsaires turcs et la taxe arbitraire du duc de Savoie. Le tiers état lit entendre les
p. 42. V. encore le |iroC(";s-verbal de la luihlesse, 18 décembre Kili. p. liO.
1. Villefranche esl sitno ciilro deux nionta;;nos à é^'ale dislance de Nice et de Monaco. Son port esl un des plus beaux de la Méditerranée, d'une profondeur considérable cl paraïUi contre les vtuts du nord, de l'est et de l'oue-ît; il formera une des plus maf.'uitiques rades de France, quand une jetée l'aura l>rnté|.'é contre les vents du midi.
J. Ik'C. des lell. iniaices, l. VI, p. 120.