Leltre^- do Richelieu, t. Il, p
l. Ass. des notahles, a et 6 février 1G27, p. 178, 119. II faut rapprocher de cette proposition \e Mémoire tourhant la Marine écrit en novembre 1626. Lettres de Richelieu, t. 11. p. 290.
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(lu ('(iinnierco maritime, les corsaires maîtres des ctHos, nos matelots emmenés en esclavage, les attentats de toutes sortes commis impunément à la vue de nos « rades et havres », ils remercièrent le roi ainsi que son ministre de l'extension qu'ils comptaient donner à la marine *.
Le vote des notables ne fut pas négligé par Richelieu. L'activité qu'il avait déployée depuis qu'il avait reçu du roi la charge de la marine, redouhla: il envoya des ordres sur toutes les côtes pour l'armement de vaisseaux, écrivit aux maîtres des eaux et forêts pour que le bois des forêts royales fût mis à la disposition des constructeurs et communiqua à tous la volonté (jui l'animait-. Richelieu avait le don des grandes vues et l'art de choisir ses instruments. Il sut se servir des notables pour jeter les fondements de notre puissance navale. '
L'ordonnance de 16:29 proclama, deux ans plus tard, les résultats de cette politique : a oO vaisseaux de quatre à cinq cents tonneaux « seraient » équipés en guerre tant pour la sûreté des ports et havres, que pour servir d'escorte aux inarchaiuls et leur tenir la mer libre » art. A'M) .
Li' i-ardinal devina également l'impulsion que le développement de l'esprit d'association pouvait imprimer au cfunmerce. 11 sut le favoriser partout où il en rencontra les germes •'. 11 encouragea les entreprises
1. Dans col avis fort clendu. les inténHs du commerce cl l'iiUlilé lie la marine sont iiilinicmciit mi-lés. 8 février. Ujiil., p. 181, 182.
2. Dè3 le lendemain du vole et pemlanl toiil le mois de février on remarque le nombre de lellres écrites par Richelieu pour h.iler les Iravaux des porls.
3. Voir la série des elTorls accomplis par le cardinal pour créer des compagnies commerciales, dans l'ouvrage de .M. Caillet, Adiiiiiiistrali'jn de hiclielieu, p. 333. Voir le projet delà com-
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loiiitaiiif's. «"'iL'ndit nos relations commerciales, eouiirnia les traités de commerce dus an règne précédent et donna la sécurité aux mers en organisant des croisières pour la surveillance permanente des côtes. Il ne laissa dans l'oubli aucun des enseignements que lui avaient légués les discussions des Ktats de 1014. 11 sut les mettre à profit pour la grandeur et la richesse de la France.
Industrie. — Henri IV avait porté le coup le plus terrible au monopole des métiers par son édit davril l.jt>7; il avait affranchi les ouvriers de l'obligation de faire un chef-d'œuvre et n'avait plus imposé que deux conditions à l'entrée des apprentis dans une corporation : la bonne renommée et le payement d'un droit assez minime qui représentait en quelque sorte notre impôt des patentes. En 161i, les États renouvellent les protestations qu'ils avaient fait entendre dans le passé contre les nouvelles « maîtrises de métiers accordées par le prince à l'occasion d'entrées, Mariages, Naissances, Régences des Rois, Reines et leurs enfants I) (T. 021). Le tiers demande que les marchands et artisans ne soient plus soumis à aucune taxe à l'occasion de leurs métiers (T. 622). Mais ce qui mérite de fixer bien davantage notre attention, c'est le vœu émis par le troisième ordre en faveur de la liberté de l'industrie. 11 sollicite que « toutes maîtrises de mesliers érigées depuis les Estais de 1576 soient esteinctes, sans que par cy- après elles puissent estre remises, ny aucunes autres de nouvel establies, et soit l'exercice desdits métiers laissé libre à vos pauvres subjects, sous Visitation de leurs ouvrages et marchandises par experts et prud'hommes, qui à ce seront
pagnie appelée « la Nacelle de Saint Pierre fleurdelisée », que Mole étudia en 1627 par ordre de Richelieu pour le présenter aux notables. Mémoires de Mole, t. 1, p. 423.
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commis |i;ir les juges de la police » (T. (\'20). Le tiers réclamait ainsi lexi-mitinn de l'édit de HiMiri IV, dont il reproduisait prt>s(|U(' les expressions.
Maiheureuscmeiil. rien ne fut fait pour donner salisfaclion à ces doléances. Klles furent en vain renouvelées sous le ministère du cardinal de Richelieu '. Le privilège demeura debout, et les lettres de maîtrise, considérablement multipliées, ne tirent qu'aggraver le poids de cet abus.
Le seul V(eu au sujet des métiers (jui reçut une satisfaction immédiate fut relatif aux apprentis qui travaillaient chez les ouvriers étrangers. On sait avec quel soin Henri IV avait cherché à importer certaines industries, telles que les verreries et faïences italiennes et les tapisseries flamandes. Les compagnons avaient amené à leur suite des apprentis italiens. Le tiers état obtint que les étrangers qui s'établissaient en France fussent forcés d'accepter de préférence les apprentis français qui voudraient apprendre ces nouveaux métiers (T. 0:25 : Ord. Ml).
Le tiers état réclamait vivement pour certaines industries rentN:)uragement de lÉlat. Les mines attiraient particulièrement son attention. Comme la jiropriété des richesses souterraines appartenait au roi. les cahiers voulaient que, pour <■ inciter les subjects par l'espérance de quelques profils à s'employer à l'ouverture des mines découvertes et à descouvrir, le roi remist les droits qui sur ce lui appartiennent » (T. G18). Un édit de février 11)26 sur l'exploitation du fer enjoignit aux « propriétaires des terres où les mines se trouveront, de les ouvrir et pcirmettre d'en estre fail l'iiuverlure par ceux (|ui y voudront faire
1. -Md-moircs des marchands pour enlever aux corporations leur monopole. Fonds Harlai, n» :j51.
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Iravjiilli r, suivant le pouvoir (jiii sera liraliiilenirnt donné par le grand maitr<' des mines ' ».
A cn[(i de ees excellentes propositions, nous retrouviins le vœu que nous avons rencontré depuis un demi-siècle pour la protection des manufactures. Nous voulons parler de la prohibition à l'entrée des marchandises ouvrées et de la prohibition à la sortie des matières premières (T. 035). L'ordonnance traduisit exactement ce vfpu en interdisant la vente et l'usage en France des draps, serges et autres étoffes « de manufacture étrangères, afin de donner moyen aux sujets du roi de s'appliquer davantage à ce travail » (art. 4:2). Ce système était fort dangereux; pour favoriser les manufactures, il nuisait considérablement au connnerce. à la marine, et même à l'agriculture, qui ne trouvait de débouchés ni pour les plantes textiles, ni pour les laines et les cuirs. C'est le seul côté par lequel les membres des Etats s'éloignent des idées de progrés dont ils sont en toute juitre matière les fidèles représentants.
En résumé, les députés, tout étrangers (juils fussent aux questions commerciales et industrielles, surent y appliquer leur esprit : officiers de finances et de justice, ils firent preuve, en ces matières spéciales, d'une intelligence élevée et d'une profonde connaissance des besoins du négoce. La liberté indispensable au conmierce intérieur, la sécurité qui fait la vie du commerce maritime, les franchises nécessaires à l'industrie, trouvèrent tour à tour des défenseurs convaincus. La France, dont la prospérité avait fait de si grands progrès sous Henri IV. se munirait digne de recevoir les fi'Cdndes impulsiims de Kiihelieu et de Colbert.