ÉTATS ET NOTABLES, 1C14-1(J2C
soiilé par rananiniifô (1(^< dépuli'S '. Malgi-é les clVorls des nobles auprès du roi, nous ne trouvons aucune décision conforme aux doléances.
En 10:27, les « gentilsliommes capiUiincs et soldats estropiez à la guerre » s'adressèrent directement à l'assemblée des notables et firent valoir l'abandon absolu des édits par lesquels Henri IV avait attribufle reliquat disponible de toutes les fondations pieuses à l'entretien des invalides. Les notables prirent en main leur cause et proposèrent la formation dans chaque parlement d'une commission de magistrats surveillant la distribution des secours. A Paris, siégerait un conseil composé des maréchaux, des ministres et de vieux gentilshommes -.
L'ordonnance de 102!) constitua le conseil supérieur et aflecta une série de pensions « fixée, à cause de renchérissement des vivres, à la somme de cent livres par chacun an », si le militaire estropié n'acceptait pas un bénétice de « religieux lai » dans un couvent (art. 210). Ce n'était là qu'une première satisfaction. La noblesse avait demandé en 1027, dans son cahier particulier, « qu'il plaise au roi instituer un ordre nouveau pour la pauvre noblesse, sous le nom et titre de Saint-Louis, qui consiste en chevaleries et commanderies... à prendre sur les bénéfices vacans... par forme de pension à vie... ce qui déchargera d'autant les finances ^ ». Hichelieu se chargea six ans plus tard de; réaliser ce vo'u de la noblesse.
1. Procès-verl)aux : noblesse, p. Iu8 et 191; clergé, p. 450, 4til. Le tiers demanda que les places de relit,'ieux laïcs es mouaslères et abbayes lussent afTeclées aux pauvres genlilsliommes, capitaines et estropiés. (T. !)3.)
2. Assc)/i/j/cc des iiolahlcw supplicpie, p. 18;{. Proposition, p. 189.
3. Caliier de la noblesse, art. xvi. Klals Géuéraux, l. XVill, |i. :ilU.
ORGANISATION MILITAI RK 1(I5
l/éditdc novtMiihre l()33institiia « une cuiiiiuimaiilé en ordre de chevalerie, sous le nom et litre de <'()uinian- (lerie de Sainl-Louis; où tous ceux qui feront voir par bonnes œuvres et attestations qu'ils ont été estropiés à la guerre pour le service du roi seront reçus et admis, pour y être nourris et entretenus le reste de leurs jours de toutes choses nécessaires à la vie ' ». Le cardinal prit au sérieux la mission que lui confiait l'édit. Ce fut à Bicétre que s'élevèrent en 1G3-4 les hàtiments de la commanderie qui devait servir d'asile aux soldats blessés jusqu'à la fondation de IIkMcI des Invalides.
Le maréchal de Schomberg constatait que la plujiart des désordres provenaient de l'acquittement irrégulicr de la solde. Ce n'était pas là seulement une question de finances : il fallait régler la distribution des vivres, créer pour les payements en argent ou en nature une publicité qui servit de garantie, fixer le montant de la solde en argent, établir des retenues, organiser une comptabilité pour les avances; toutes ces difficultés furent résolues avec cette minutie qui était habituelle aux documents de cette époque '. Ce (pii peut nous intéresser davantage, ce sont les mesures prises pour empêcher tout désordre quand les troupes arrivaient dans une garnison nouvelle. Le maréchal des logis doit s'entendre avec les maires et éehevins; une liste des bourgeois aisés ayant été dressée par les officiers municipaux, ceux-ci convo- (juent les habitants et leur font prêter serment d'avertir les chefs quand le soldat quittera son logement. Cette fornuililé accomplie et les soldats ayant été introduits chez leurs hôtes, une inspection doit être
]. Aiwienni's loi^ fiançaixes, l. XVi, p. "iSb. i. Ass. fies /t'j(.,Y>. '62 à "j-'i. On!. 21(1 ;i li'ii.
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laiU' clia(|ii(' soinaino alin ([ue les capilaines s'assurent de la présence des hommes et de leur bonne conduite '. Le séjour chez les bourgeois paraissait être l'état normal des soldats en garnison ; nous ne voyons pas trace d'habitation en commun : une des recommandations qui nous le prouvent est le soin avec lequel on prescrit aux capitaines de loger leurs soldats dans le quartier qu'ils habitent -.
Les hùpitanx militaires n'existaient pas encore : ce sont les magistrats municipaux qui sont chargés de faire soigner les malades et les blessés. Les chefs de corps les leur confient en passant dans la ville; les échevins, après les avoir fait entrer dans les hôpitaux civils, ont la mission de les diriger aussitôt qu'ils sont guéris vers leurs compagnies ^. L'ordonnance admit l'ensemble de ce système pour les garnisons détachées et pour les troupes en marche, mais à la suite des armées, elle créa de véritables Inipilaux pour les blessés et les malades (Ord. 23:2).
A côté des chefs militaires, nous rencontronij les fonctionnaires civils chargés de pourvoir à l'entretien et à l'aménagement matériel des régiments; le règlement soumis aux notables distingue absolument la mission de ces commissaires du commandement des Irruipes (p. 08), et l'ordonnance fixe l'étendue de leurs attributions lOrd. i").
lui résumé, la plui).ii'l des ildl/anccs (|ue nous retrouvons dans les cahiers et tous les v<i'lix exprimés dans les délibérations des notables provoquèrent des réformes de l'organisation militaire sous un ministre qui devait s'occupei- de Tannée avec une si intelligente prédilection. Voyons maintenant ce