‹ Histoire des États-Généraux (volume 4)Chapitre 52 sur 134 · Voir plus ba?, Eleclionx, à VAp/icndice A · texte numérisé non relu

Voir plus ba?, Eleclionx, à VAp/icndice A

2. Remontrance de la noblesse de liouen, etc., pour obtenir son renvoi dans les bailliafies. nerucil des cahiers, 1560, p. HS.

AUTOUITK niiS liTATS \ \1

ces siinisait'iil à leur (Uivrir les yeux, lantùl ils no coninRMicaii'nl ;ï roiiiproiiilre les ditTu;ull(''s (lu'aii moment où ils présentaient les cahiers; mais, aussitôt t|iie l'alarme était donnée et que la crainte remplaçait TentliDUsiasme, les députés cherchaient à reuvi,avec une émulation qui témoii:;ne de leur dévouement, les moyens de faire prévaloir leurs vœux. A Tours, on nomma des commissions de députés chargés de discuter avec les conseillers du roi chacune des réformes. Ce procédé fut ahandonné à Orléans. Les Etats de Blois. en déplorant l'échec de leurs prédécesseurs, recommandèrent vivement le système appliqué à Tours et demandèrent dans leurs cahiers le droit de choisir des députés pour di'lihi'rer avec le conseil du roi (T. 7).

Toutefois ce li-avail eu cohuuuu, cette sorte de collaltoration (pii sélaltlissait entre les représentants de la nation et les délégués de l'autorité royale, soulevait les plus graves scrupules. L'inquiétude du tiers surtout était très vive ; ce qui formait le fond de sea appréhensions, c'était la défiance envers les conseillers du prince et la crainte d'être opprimé par les ordres privilégiés.

Au milieu même de leur impuissance, les Etats de Tours avaient déclaré hautement, par la voix de leurs plus grands orateurs, les soupçons que leur inspiraient les « méchants conseillers » de Louis XL Le désir de composer le conseil de membres tirés des Etals était partagé par tous les hommes intelligents (jui siégeaient dans l'assemblée. Le même sentiment se fit jour à Orléans : les députés réclamèrent la liste du conseil, atin de le constituer régulièrement pour toute la minorité du roi, ou du moins afin de Tépurer. Ils renouvelèrent plus d'une fois leurs instances, et, à Pontoise, ils répétèrent leur demande en déclarant que

lis RliSLMKS GÉNÉRAUX

l\''tablissenicnl du conseil sous une minorité apparlonail aux Etals « suivant leurs droits et prérogatives »> (N. .4). ^

Les États de 1570 nianil'estrrcnt dès le début la ferme volonté de faire triduipher leurs doléances.

Dès les premières réunions, les trois ordres cherchèrent avec une égale ardeur les moyens de ne pas échouer dans leur sincère désir de réformer l'État. Une commission mixte fut chargée d'étudier les diverses garanties qui pouvaient être réclamées. Malheureusement les réunions préparatoires obscurcirent la i|uestion ((u'elles avaient pour objet de rendre plus claire.

Le troisième ordre constata une fois de plus que, dans une commission de trente-six membres , les douze députés du tiers couraient risque de se trouver fort souvent battus. Cette crainte suflit à le retenir. Depuis celte époque, il ne voulut plus déléguer une seule fois son autorité aux commissaires et ne les en • voya jamais dans les conférences mixtes pour délibérer, mais pour se borner à écouter les délibérations.

Pendant que le tiers état abdiquait toute influence directe, les deux autres ordres continuaient leur campagne auprès du souverain. Us demandaient que le roi fût contraint de donner sa sanction aux vœux unanimes des trois ordres, [)roclamant ainsi implicitement la souveraineté de la représentation nationale. Ils réclamaient également la communication immédiate de la liste des membres du conseil du roi. Toutefois, (juand ils Teurent obtenue, ils ne surent exprimer qu'un vieu banal sur la réduction des conseillers, dont le nombre était disproportionné. Le clergé et la noblesse étaient tout à fait résolus à déléguer vingt-quatre députés [)Our juger les cahiers avec le conseil du roi, quand le tiers })arviut h les iléterniiner à ne pas se

AUTORITK Di:S KTATS lit»

intMer aux C(»n>;eillers. C'est celle défaillnnee f|iii eontribua il retarder de deux ans la |)rniiiuluaiiun de l'ordonnance.

En résumé, la crainte de voir « deux des ordres lier le tiers » dominait les Etats. Elle revient à tout propos dans les délibérations, dans les discours, dans les cahiers, et. qu'on le remarque bien, cette expression si fréquemment employée : le tiers, ne signifie pas le tiers état, mais celui des trois ordres qui sera opprimé par la coalition des deux autres, .\insi le clergé en 1576 demande « que les deux étals, combien qu'ils soient d'accord, ne puissent lier le tiers » (C, 240). Il s'agit clairement dans ce passage des deux ordres la'iques, (jui avaient intérêt à faire retomber sur les ecclésiasti(iues le poids des charges publiques.

Cette inquiétude constante des députés a troublé plus d'une fois leurs délibérations : elle a retardé leurs décisions et singulièrement contribué à l'ajournement de leur triomphe. Considérée sous ce rapport, la division en trois ordres a été fatale aux États Généraux.

Le Parlement avait montré après l'assemblée d'Orléans une telle jalousie contre les Étals Généraux que dans les sessions de Pontoise, de Blois et de Paris, les députés demandèrent formellement que les ordonnances émanées des Etals fussent alTranchies de la vérification qui altérait leur pensée et dénaturait leurs vœux '. Mais le pouvoir permanent des cours souveraines devait l'emporter sur les eff'orts intermittents des États Généraux.

Les assemblées de notre vieille France ont agi, hélas 1 à de trop longs intervalles cl elles ont été divisées dans leur propre sein sur un trop grand nombre

1. Pontoise, T. 13. — Dlois, lo76. C. V-U. T. 9, 20. — Blois, luSS. G. 2iS. N. I. T. pr.''nmhii!o .lu cahier. — Paris, Klli.

Page 1