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iiKMil (|iii «"ouliont rc i\[W la Iri^islalioii du xvi'' sircir a produit de plus cuiuplet.
Henri IV règne vingt ans à iicinc cl Imil se li'aii>fornie sous sa main puissante cl habile : il prend dans le passé tout ee qui peut servir à organiser les pouvoirs; il corrige les abus sans blesser les intérêts, rend plus puissante la royauté sans opprimer au-dessous d'elle, satisfait les partis sans irriter leurs advei-saires, et meurt en emportant avec lui le secret d'une politique qui avait renouvelé la France.
La justice avait admirablcmcnl |)rotité ilc la |»aiN générale. Jamais elle n'avait été plus sagcincnt et plus honnêtement rendue; gi'àce à une merveilbMise connaissance des hommes, llcnii IV avait mis à la tète des parlements les plus sages magistrats : le Maistre, du Vair, Groulart, Edouard Mole, digne pcM-e de Mathieu Mole, furent successivement appelés dans les cours souveraines, et ré|>andirent autour d'eux cet esprit de justice plus capable cpi'aucune loi de j'éformer les hommes.
Les Etats de Kii'i se l'ciiiiirciit après quatre ans d'incertitudes et d'agitation; les plus graves abus avaient été successivement réprimés sous Henri IV. les députés n'avaient devant eux aucune de ces questions majeures qm appelaient, connue en licS'r. l'effort innuédiat des assemblées. Il aurait fallu seuleuient se montrer moins susceptible, savoir surluul discernei' ([uelle était la nouvelh' voie à suivre, s'occuper un l)eu moins des mestiuines attatjues de la noblesse et davantage d'une royauté qui n'avait déjà plus (\r frein. C'est ici que nous apercevons de la part du tiers état les premiers symptùnies d'un asservissement volontaire : pour j)eu (|u(^ le idi l'aide à satisfaire ses rancunes, il se donnera Inui ;i lui cl ne sei-a plus un allié, mais un serviteur arnu' pour .-a cause.
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(Ic^l àiii-i i|iril ('onlimic pniir le niiii|i|(> dc^ la coiiniiuii' l;i liillr cnli'fprisr pour ri-aliscr l'unilt'- dt' jii ridiction ; il piinrsuif h's justices sr'ii;;n(Mii'iales de ses attaques IraditionuoUos, sans se soucier d'obtenir des mesures efficaces contre le pouvoir grandissant du conseil du roi. Il s'épuise en vains eilorts et ne songe pas aux garanties sérieuses. On comprend, ru étudiant son langage, eonunent tout sera permis et pardonné à Richelieu et à Louis XIV.
Voilà l'aspect politique de notre histoire judiciaire; mais à côté de ces qu(>stions, si intimement liées au développement de la monarchie, se place, dans une sphère moins élevée, la suite constante et un peu monotone dd^ doléances expi'inu'es par les cahiers au sujet (les magistrats et, de la |)rocédure. Ici encore nous trouvons des méi'iles ((ni ne sont point à dédaignei-. (Juel qu'en soit l'objet, les desseins acquièrent une rare grandeur quand la persistance leur inq)rime le caractère d'une tradition. C'est ainsi (pn^ ral)olition de la vénalité des charges lit pendant trois siècles le fond des remontrances : clergé, noblesse et tiers sont inianimes à en demander la suppression; le roi ne man([ue jamais de s'y engager, mais l'exécution de ses promesses est toujours ajournée par l'inlluencc de la routine et la crainte de multiplier les embarras.
A entendre les députés, le systi-me de la vente doit être remplacé par l'élection : en liH'i, elh^ est demandt'c avec insisiance comme une ancienne loi du royaume, l'ius nous avançons, plus ce vomi devient jiopulaire, mais la vénalité l'étoulle. et (piand celle-ci est un uKunent suspendue, une si mémorable expérience n'est pas aceompagiuM' de la libre élection des juges par les gens de \i>\< (pii aurait pu bannii' l'inli'igue e| (Mopr-cber la lormation des castes fermées.