‹ Histoire des États-Généraux (volume 4)Chapitre 64 sur 134 · SUR LES · texte numérisé non relu

SUR LES

Mis eu présence des affaires financières, les députés de la France éprouvèrent, dans tous les temps, les mêmes sentiments de surprise et d'embarras. Chargés, an moment de leur élection, par les bailliages, de réclamer la réduction des anciennes taxes, investis de ce mandat impératif et décidés à y demeurer fidèles, ils apprenaient, dès leur première séance, (jue la royauté, loin d'être prête à des diminutions, réclamait de nouveaux sacrifices. A l'étonnement dans lequel ils étaient tout d'abord jetés succédait l'irritation, quand les gens de finance leur avaient révélé la détresse du trésor. A partir de ce moment s'envolaient tous leurs rêves; suivant que les illusions étaient remplacées par le découragement ou par des colères énergiques, les États se terminaient par une complète abdication (ju par d'heureuses réformes.

A toutes les époques, nous avons rencontré ces espérances na'ïves des représentants de la nation; jamais nous ne les avons vues survivre au premiiT exposé lie la >itii;iliiin tiiiam-ière. C'ot là une inva-

IU8 RÉSUMÉS GKNKRAUX

riahie règle à hKjiielle aucune session n'a écliappr.

11 ne faut pas s'en étonner trop vivement : les points (le vue auxquels se placent le peuple qui paye l'impôt et le gouvernement qui le perçoit n'ont rien de commun. Sous les meilleurs princes, la divergence subsiste. Tandis que les sujets ne veulent donner au pouvoir central (jne la moindre part de leur revenu, le devoir du prince est de lutter contre ce sentiment égoïste pour assurer les divers services, pourvoir à tous les besoins et satisfaire aux conditions multiples qu'une nation est en droit d'exiger du gouvernement. Plus les convocations sont rares, moins les députés sont en état de comprendre par eux-mêmes l(.'s nécessités publiques. Dans les temps que nous étudions, cette réaction utile et permanente conti'e l'énormité du budget s'accroissait dans la mesure de l'ignorance des députés. C'est à ce défaut absolu d'expérience (pi'on doit attribuer, dans quelques sessions, les votes (|ui semblent contredire les indignations des premiers jours. Les membres des États apprenaient peu à peu t|uelle était l'élévation des charges; ils étudiaient la répartition et le mécanisme du budget, et ils reculaient parfois devant l'accomplissement des projets ([u'ils avaient eux-mêmes conçus.

Reprenons rapidcmenl Tliistoirc d(^ leurs tentatives.

Au i)remier rang nous devons mettre le vote de l'impùt : nous en avons déjà parlé, mais il nous faut ra})peler ici ({ue, depuis les premiers Etats jusqu'aux dernières sessions, il n'est pas une assemblée, durant trois siècles, qui n'ait revendique par des vœux directs ou indirects le droit d'apprécier la mesure des sacrifices imposés à la nation. Il y a eu là un accord unanime, une volonté évidente (jue nul ne peut récuser ni mettre en doute.

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