‹ Histoire des États-Généraux (volume 4)Chapitre 91 sur 134 · Lettres du 29 mars. (Arch. du baitliaf/r de Melun · texte numérisé non relu

Lettres du 29 mars. (Arch. du baitliaf/r de Melun

Le projet d'assembler les États on 1049 n'eut pas un grand retentissement, les esprits étaient trop alarmés par la grandeur des événements pour s'en laisser distraire. Les factions et les princes faisaient tant de bruit, les parlements occupaient tant de place (pi'il n'en restait plus pour un nouveau personnage. En apparaissant sur la scène, les États gênaient les intrigues secrètes, troublaient les ambitieux, refoulaient les vues personnelles au profit de l'intérêt général; ils dérangeaient tous les plans particuliers. Dès lors, il est aisé de comprendre pourquoi Mazarin avait jugé babile d'en réveiller le souvenir et comment les fauteurs de troubles, jaloux de leur prépondérance •, mirent tous leurs soins à les écarter.

Pendant l'été de 1049, il se tint peu d'assemblées de bailliages. Le prince de Condé, qui souliaitait les États et voulait y jouer un rôle, eut soin de faire convoquer les électeurs dans les terres de son domaine. Le mois d'octobre approchait et Mazarin n'avait nulle envie de tenir sa promesse : les embarras de la guerre et surtout les intrigues renouvelées des princes, qui mettaient chaque jour à un prix plus élevé leurs services, révélaient les périls d'une assemblée qtii eût servi de champ clos aux factions. Le 18 septembre, des lettres royales annonçaient au bailli que les États étaient ajournés jusqu'à nouvel ordre -.

Des trois ordres, ce fut la noblesse qui parut seule sensible à l'ajournement des États Généraux. Partout en France, à la voix de ses chefs, elle était frémissante. Pendant que Condé. son frère le prince de Conti et le duc de Longueville se remuaient à la cour, dans chaque province

1. Le parlement de Rouen pensa députer aux États. Il en délibéra en février, et décida qu'il ne le ferait pas sans l'avis du parlement de Paris. Le l<=r mar:5, .Miron fut reçu par l'assemblée des cluimbres. Le président de Mesmes exposa, en un long discours, que les parlements ne députaient point aux Étals, parce qu'ils lenaicnl ran.t; au-dessus des Étals Généraux, qu'ils véritiaient leurs édits, et se porlaieut médiateurs entre le peuple et le roi, tandis que les Étals suppliaient h genoux. {Journal d'Olivier f/'Or«(C.wo«, p. G97-GnH : Journal du parlement, p. 327.)

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