‹ Histoire des États généraux (volume 5)Chapitre 23 sur 124 · Rec. des lett. missives, t. Vf, p · texte numérisé non relu

Rec. des lett. missives, t. Vf, p

plaintes les plus vives (T. 660). Toutefois il s'écoula bien des années avant que ce droit inique fût aboli.

En 1617, les notables insistèrent. On leur proposa d'interdire l'armement en course, les côtes et les mers voisines étant le théâtre de luttes incessantes qui empêchaient le commerce. L'assemblée ne se borna pas à approuver ce projet : elle prit l'initiative d'une proposition tendant à « l'entretien dans tous les ports et havres du royaume de vaisseaux de guerre garde-côtes en nombre suffisant ». C'était la pensée encore timide, mais suffisamment exprimée, d'une flotte défensive destinée à faire la police des mers *.

Députés, notables, officiers du roi, commerçants, tous projetaient à cette époque la création d'une marine ; mais il fallut attendre Richelieu pour l'exécution. En 1626, le cardinal sut se servir de l'assemblée des notables afin de réaliser ses grands desseins. Il venait d'être nommé depuis peu grand maître et surintendant de la navigation ^ ; il n'hésita pas à poser nettement la question aux notables : « Le roy devoitil souffrir les injures, violences et déprédations qui sont tous les jours faites à ses sujets par les étrangers, ou, pour s'en garantir, ne doit-il pas à l'avenir entretenir perpétuellement une flotte ^? » A l'appui de cette proposition, un état était remis à l'assemblée : la flotte devait comprendre 45 vaisseaux dont l'entretien coûterait 1 200 000 livres *. Après une délibération approfondie, les notables approuvèrent le projet du cardinal : 'rappelant la situation lamentable

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