‹ Histoire des États généraux (volume 5)Chapitre 25 sur 124 · INDUSTRIE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE

lointaines, étendit nos relations commerciales, confirma les traités de commerce dus au règne précédent et donna la sécurité aux mers en organisant des croisières pour la surveillance permanente des côtes. 11 ne laissa dans l'oubli aucun des enseignements que lui avaient légués les discussions des États de 1614. Il sut les mettre à profit pour la grandeur et la richesse de la France.

Industrie. — Henri IV avait porté le coup le plus terrible au monopole des métiers par son édit d'avril 1597 ; il avait affranchi les ouvriers de l'obligation de faire un chef-d'œuvre et n'avait plus imposé que deux conditions à l'entrée des apprentis dans une corporation : la bonne renommée et le payement d'un droit assez minime qui représentait en quelque sorte notre impôt des patentes. En 1614, les États renouvellent les protestations qu'ils avaient fait entendre dans le passé contre les nouvelles « maîtrises de métiers accordées par le prince à l'occasion d'entrées, Mariages, Naissances, Régences des Rois, Reines et leurs enfants » (T. 621). Le tiers demande que les marchands et artisans ne soient plus soumis à aucune taxe à l'occasion de leurs métiers (T. 6.22). Mais ce qui mérite de fixer bien davantage notre attention, c'est le vœu émis par le troisième ordre en faveur de la liberté de l'industrie. Il sollicite que « toutes maîtrises de mestiers érigées depuis les Estats de 1576 soient esteinctes, sans que par cy-après elles puissent estre remises, ny aucunes autres de nouvel establies, et soit l'exercice desdits métiers laissé libre à vos pauvres subjects, sous Visitation de leurs ouvrages et marchandises par experts et prud'hommes, qui à ce seront

pagnie appelée « la Nacelle de Saint Pierre fleurdelisée », que MoIé étudia en 162T par ordre de Richelieu pour le présenter aux notables. Mémoires de Mole, 1. 1, p. 423.

72 ÉTATS ET NOTABLI-S, 1614-1626

commis par les juges de la police » (T. 620). Le tiers réclamait ainsi rexécution de l'édit de Henri IV, dont il reproduisait presque les expressions.

Malheureusement, rien ne fut fait pour donner satisfaction à ces doléances. Elles furent en vain renouvelées sous le ministère du cardinal de Richelieu *. Le privilège demeura debout, et les lettres de maîtrise, considérablement multipliées, ne firent qu aggraver le poids de cet abus.

Le seul vœu au sujet des métiers qui reçut une satisfaction immédiate fut relatif aux apprentis qui travaillaient chez les ouvriers étrangers. On sait avec quel soin Henri IV avait cherché à importer certaines industries, telles que les verreries et faïences italiennes et les tapisseries flamandes. Les compagnons avaient amené à leur suite des apprentis italiens. Le tiers état obtint que les étrangers qui s'établissaient en France fussent forcés d'accepter de préférence le^ apprentis français qui voudraient apprendre ces nouveaux métiers (T. 625; Ord. A\l),

Le tiers état réclamait vivement pour certaines in dustries l'encouragement de l'État. Les mines attiraient particulièrement son attention. Comme la propriété des richesses souterraines appartenait au roi les cahiers voulaient que, pour « inciter les subjectj par l'espérance de quelques profits à s'employer l l'ouverture des mines découvertes et à descouvrir, h roi remist les droits qui sur ce lui appartiennent > (T. 618). Un édit de février 1626 sur l'exploitation di fer enjoignit aux « propriétaires des terres où lei mines se trouveront, de les ouvrir et permettre d'er estre fait l'ouverture par ceux qui y voudront faire

1. Mémoires des marchands pour enlever aux corporation! leur monopole. Fonds Harlai, n» 351.

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