‹ Histoire des États généraux (volume 5)Chapitre 26 sur 124 · INDUSTRIE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE

travailler, suivant le pouvoir qui sera gratuitement donné par le grand maître des mines * ».

A côté de CCS excellentes propositions, nous retrouvons le vœu que nous avons rencontré depuis un demi-siècle pour la protection des manufactures. Nous voulons parler de la prohibition à l'entrée des marchandises ouvrées et de la prohibition à la sortie des matières premières (T. 635). L'ordonnance traduisit exactement ce vœu en interdisant la vente et l'usage en France des draps, serges et autres étoffes « de manufacture étrangères, afin de donner moyen aux sujets du roi de s'appliquer davantage à ce travail » (art. 42). Ce système était fort dangereux; pour favoriser les manufactures, il nuisait considérablement au commerce, à la marine, et même à l'agriculture, qui ne trouvait de débouchés ni pour les plantes textiles, ni pour les laines et les cuirs. C'est le seul côté par lequel les membres des États s'éloignent des idées de progrès dont ils sont en toute autre matière les fidèles représentants.

En résumé, les députés, tout étrangers qu'ils fussent aux questions commerciales et industrielles, surent y appliquer leur esprit : officiers de finances et de justice, ils firent preuve, en ces matières spéciales, d'une intelligence élevée et d'une profonde connaissance des besoins du négoce. La liberté indispensable au commerce intérieur, la sécurité qui fait la vie du commerce maritime, les franchises nécessaires à l'industrie, trouvèrent tour à tour des défenseurs convaincus. La France, dont la prospérité avait fait de si grands progrès sous Henri IV, se montrait digne de recevoir les fécondes impulsions de Richelieu et de Colbert.

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