L'INSTRUCTION PUBLIQUE
Au xv° siècle, rinsiruction était encore un privilège. Au xv!**, il devient le but de l'ambition universelle. En 1560, les États entendent parler pour la première fois de l'instruction, et c'est l'instruction populaire qui est demandée par les députés. Le clergé insiste : il ne s'agit pas seulement de l'enseignement religieux. Dans chaque paroisse, un précepteur élu par les ecclésiastiques, les maires et échevins donne l'instruction gratuite aux enfants. La noblesse ne laisse pas aux autres ordres l'honneur de ces hardiesses : elle veut que les parents négligeant d'envoyer leurs enfants à l'école soient frappés d'une amende.
Les progrès de la réforme avaient montré au clergé les périls de l'ignorance. Aux enfants, il voulait que le catéchisme fût mieux appris; aux adultes, des prédicateurs en toutes les églises devaient enseigner la doctrine chrétienne. Tous les ordres étaient unis dans une recherche commune des moyens les plus propres à répandre l'instruction.
Les Universités si anciennes en France avaient vu
croître singulièrement le nombre de leurs élèves. Les grades de plus en plus enviés avaient donné lieu à des abus déplorables. Le clergé et le tiers s'unissaient pour demander à la royauté des mesures. « Toute lumière, disaient-ils,, jaillit des universités; sans gens doctes et savants ne se peuvent maintenir les royaumes et républiques. »
Le courant n'est pas douteux : il est universel. Toutes les classes de la société reconnaissent le même besoin. La royauté n'a garde de résister.
Seize ans plus tard, les ardeurs sont les mêmes : la discipline des universités fixe l'attention des trois ordres : il est évident que le nombre des écoliers s'accroit sans cesse. Avec les édits bursaux, les offices se multiplient et toute la jeunesse se précipite vers les emplois publics. Pour y atteindre, elle réclame des grades. Les députés veulent des professeurs plus capables, des cours plus réguliers, des examens publics plus sérieux, une discipline plus exacte. Le tiers état ne perd pas de vue l'instruction populaire; en 1588, le clergé veut l'instituer dans toutes les villes et la développer considérablement. A onze ans de distance, les deux sessions de Blois expriment les mêmes vœux.
En 1614, le courant n'est pas ralenti : le clergé et le tiers s'attachent toujours à la création des écoles populaires et les trois ordres veulent améliorer le régime, l'enseignement et la discipline des universités; mais, pour la première fois, il se manifeste un mal que le xvi° siècle n'avait pas pressenti : le nombre des écoliers dépasse tellement les besoins, les universités produisent chaque année un tel nombre de gradés que le clergé s'alarme. Assurément le « savoir éminent » est utile à l'État; mais les députés craignent qu'il n'y ait trop de gens de lettres, que l'arriiée