‹ Histoire des États généraux (volume 5)Chapitre 75 sur 124 · Voir plus bas, page · texte numérisé non relu

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térêts divers, mus par des passions souvent contraires, ne se grouperont pas dans un fatal isolement ; ils demeureront fidèles à ceux qui les ont envoyés : l'esprit provincial l'emportera sur l'esprit de caste, malgré l'oppression exercée par Louis XI sur les gentilshommes, oppression à laquelle la noblesse a hâte d'échapper, malgré les souffrances du peuple, qui fait entendre les plaintes les plus amères. Tous ces sentiments sont étouffés ; la pensée de la province et de la France est ici plus forte que les intérêts rivaux.

Nous ne cherchons pas à reconstruire le passé au profit d'une théorie dénuée de preuves. Plus d'une fois, dans les discussions, les députés rappelèrent eux-mêmes ce trait spécial de leur élection. « Il semble, dit un membre de la noblesse dans le débat relatif aux taxes des députés, à en juger par le discours que vous venez d'entendre, qu'ici les ecclésiastiques ne se soient occupés que d'affaires d'Église, les nobles des affaires de la guerre, et les membres du troisième ordre seuls des affaires de la nation. Peut-être croient-ils avoir gagné cette indemnité, s'imaginant être parmi nous les seuls et uniques représentants du tiers état, c'est-à-dire du peuple. Mais qu'ils regardent, je les en prie, qu'ils regardent et lisent d'un bout à l'autre le contenu de leur procuration, ils verront clairement que les ecclésiastiques et les nobles ne sont pas moins qju'euxles mandataires du peuple. Ils seront forcés de le reconnaître, car tous les députés tiennent leur pouvoir de tous les électeurs réunis des trois États, et ce n'est pas seulement de l'ordre auquel il appartient que chaque député est censé tenir son mandat *. Les lettres patentes du roi n'imposent qu'une obligation, celle d'élire un député de chacun des trois ordres, et les députés élus traitent de concert les intérêts généraux du royaume et travaillent en commun au bien de la chose publique, devoir qui est semblable pour tous et qui ne diffère pas suivant les députés 2. » Peut-on récuser ce langage et nier sa clarté? Évidemment Philippe de Poitiers nous révèle ainsi l'existence d'un

1. « ... Nam singuli legati ah omnibus simul cujusque status electoribus, non singuli tantum a suis censentur kabere potestatem. »

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