‹ Histoire des États généraux (volume 5)Chapitre 90 sur 124 · ASSEMBLÉE DU BAILLIAGE : TIERS ÉTAT · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE DU BAILLIAGE : TIERS ÉTAT

ne pouvait quitter étaient les raisons alléguées. Les embarras du choix amenèrent quelquefois des débats singuliers à la suite desquels le député se résignait à subir la violence qui lui était faite. Si l'élu était absent de l'assemblée, une députation lui était envoyée pour qu'en cas de refus une nouvelle élection fût faite avant la levée de la séance ^ Les pouvoirs étaient dressés sur-le-champ et signés par le président et le greffier.

Dès que les députés étaient définitivement choisis, le clergé et le tiers en avisaient le bailli, qui comprenait dans son procès-verbal les opérations des trois ordres. Dans certaines provinces où s'étaient conservées les formes les plus solennelles, les délégués du tiers revenaient en corps dans la salle où ils s'étaient primitivement réunis afin de signifier officiellement leur choix au bailli. Cet officier transmettait alors au roi une copie de son procès-verbal, ce qui constituait la dernière opération provoquée par la convocation royale.

Telle était la marche régulière de la triple assemblée de bailliage; il arrivait parfois que le trouble de l'opinion publique provoquait les plus violents discours. Au début des séances, le maire ou tout autre orateur du tiers état prenait la parole pour exposer le sentiment qui animait le plus vivement l'assemblée. Les harangues eurent souvent un grand retentissement; en 1560, celle de Bazin, procureur du roi à Blois, mit la ville en feu. A la même époque, François Grimaudet, avocat du roi, faisait entendre à Angers, dans le sein de l'assemblée du tiers, les remontrances qui donnaient, sous une forme passionnée, le résumé même du cahier qui allait être voté 2.

Nous avons vu successivement les lettres du roi parvenir aux gouverneurs et aux baillis, puis descendre de degrés en degrés jusqu'au dernier échelon de la hiérarchie judiciaire, arrivant enfin aux plus petites paroisses, portées à la connaissance de tous les habitants et laissant entrevoir l'espérance toujours si bien accueillie du redressement des

1. Procès-verbal de la sénéchaussée de Carcassonne, 7 septembre 1614.

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