‹ Histoire des États généraux (volume 5)Chapitre 96 sur 124 · PAYS D ETATS · texte numérisé non relu

PAYS D ETATS

après sa réunion, le Languedoc le pratiquait depuis de longues années. Sous Charles VII, lorsque le petit roi de Bourges errait en quête de soldats et d'argent, les États du Languedoc assemblés à Garcassone désignèrent les députés qui devaient porter au roi les généreux témoignages du dévouement de la province à Tunité nationale (21 septembre 1425). A peine nommés, ceux-ci partirent pour rejoindre le roi à Poitiers et raccompagnèrent à Mehun-sur-Yèvre, où se réunissaient les États Généraux de la Langue d'oïl *. Trois ans plus tard, c'est également dans l'assemblée de Béziers que les États du Languedoc (1428) choisirent les députés qui devaient se rendre à Chinon et voter dans un admirable élan de patriotisme les secours qui allaient contribuer matériellement au salut de la France par la délivrance d'Orléans.

De tels exemples nous suffisent : au xv« siècle, les plus vieilles provinces, comme les plus nouvellenient réunies à la couronne, quand elles possédaient des États, choisissaient leurs députés dans le sein de ces assemblées.

Cet usage, qui s'appuyait sur une tradition si ancienne, suivit la destinée des États particuliers. 11 survécut dans les pays, tels que le Dauphiné, où le patriotisme provincial avait maintenu les États contre les efforts de la royauté. Il s'affaiblit ou s'effaça dans les provinces qui tenaient irrégulièrement les sessions ou qui craignaient d'entrer en lutte avec le pouvoir central. La Bourgogne résista vivement en 1560. Le duc d'Aumale, qui en était gouverneur, écrivit au cardinal de Lorraine, son frère, que « ceux de Bourgogne ont accoustumé de convenir tous ensemble en une ville de leur gouvernement et là se résoudre des affaires du pays ». A cela le cardinal répond, le 10 octobre, que tous les pays d'États ont accepté le fractionnement par bailliage « afin que plus particulièrement ceux des pays puissent considérer leurs affaires et mieux remonstrer leurs plaintes pour y estre pourveu par le roy, comme il désire : ainsi pour éviter les grandes frais qui se font à la convocation desdits États ». Le cardinal insiste pour l'exécution des lettres royales, en faisant entendre que « c'est pour la

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