Dom Vaissete, Hist. du Languedoc, t. IV, p
commodité de la province qu'il a esté ainsi ordonné * ». En 1576, la Bourgogne tenta de nouveau de députer au nom de la province, elle ne réussit point à ressaisir son ancien privilège ^,
Le Languedoc accepta les assemblées de sénéchaussées, mais il prit une double garantie qui donnait un caractère spécial à ses élections : un syndic spécial élu par les États assistait à l'Assemblée nationale pour y veiller aux intérêts généraux de la province 3. En outre, à aucune époque, même au xvi° siècle, le Languedoc ne laissa périr l'ancien accord entre les ordres qui avait donné après la mort de Louis XI l'assemblée la plus unie qu'ait connue notre histoire. Dans les sénéchaussées du Languedoc, les délégués élus dans les villages s'assemblaient au chef-lieu du diocèse. Sous la présidence de l'évêque, les ecclésiastiques et les nobles se réunissaient au tiers état, représenté par les consuls de la ville principale et par les députés des divers consulats. C'est là que les trois ordres désignaient en commun leurs délégués. Ceux-ci se rendaient à l'appel du sénéchal à Toulouse ou à Carcassonne. C'était encore l'évêque et non le représentant de l'autorité royale qui présidait l'assemblée générale où les députés étaient élus par l'ensemble des assistants confondus sans distinction d'origine. Les ordres ne se séparaient que pour la rédaction des cahiers, qui étaient dressés par des commissaires *.
A l'autre extrémité de la France se retrouvait le même usage. C'était, au nord, le seul exemple d'élections faites en commun. A Troyes, par une tradition que nous devons rattacher au souvenir des États de Champagne, l'assemblée préparatoire, aussi bien que l'assemblée de bailliage, comprenait les trois ordres, et les délégués, ainsi que les députés, étaient désignés par l'ensemble des électeurs qui écrivaient sur le même bulletin les noms des ecclésias-
1. Voir la lettre du cardinal de Lorraine, Doc, inédits relatifs au règne de François II, p. 632.