INFLUENCE DES ÉTATS SUR LA FIN DU RÈGNE
la condition absolue de leur légalité. C'est sans doute ainsi que les États de l'Artois votèrent en 1360, pour la rançon, une aide semblable à celle que le roi avait oi-donnéc, et qu'ils la renouvelèrent les années suivantes. Ne devons-nous pas attribuer aux mêmes nécessités la réunion d'une assemblée à Amiens en décembre 1363? [,(' Continuateur de Nangis affirme qu'une aide fut demandée pour la rançon. Or, nous savons par l'ordonnance de 1360 (5 décembre) i[ue l'aide spéciale, établie pour six ans, devait par conséquent durer jusqu'en 13G6. Que pouvait-il se passer en 1363, si ce n'est une délibération et un vote dont le seul but était de donner au roi l'appui mcn-al de la province?
Les députés paraissent avoir réclamé dans cette assemblée le renouvellement des promesses contenues dans l'ordonnance promulguée par le roi à son retour d'Angleterre; l'ordonnance qui nous est parvenue prouve du moins que le tiers état conservait au fond du cœur les mêmes vœux ^ L'abolition du droit de prise s'y trouve de nouveau inscrite, mais le point le plus important est sans contredit la défense des guerres privées , dont la rf'pression est confiée à la vigilance du Parlement.
Après la paix de Brétigny, les nobles s'étaient crus affrancbis des prohibitions portées par le roi, et avaient repris un usage qu'ils prétendaient n'avoir été que suspendu pendant les hostilités avec l'Angleterre. Le roi Jean mit une grande énergie pour réprimer ces désordres. Sentant ce que la vigueur en une telle conjoncture pourrait lui donner de popularité, il rendit, le 5 octobre 1361 ^, une ordonnance dont le double objet était la dispersion des compagnies, qui déso-