Augustin ïliicrry, Histoire du tiers cfat, p. 3i
La plupart des réformes obtenues par les Ktals généraux dans les trois ordonnances principales que nous avons étudiées, sont dues aux eft"orts des gens des bonnes villes. Spectacle étrange I le clergé et la noblesse étaient là, entourant le roi et le dauphin, et malgré rinfluence que donnent les liens du sang, les lumières et la plus vieille tradition, c'est aux vœux du dernier ordre que la royauté accorde les concessions les plus graves. Le tiers état se sent investi d'une mission — et ce doit être là dans le souvenir de la nation son impérissable honneur — il se croit « chargé de plaider, non la cause de telle ou telle fraction, de telle ou telle classe du peuple, mais celle de la masse des non-nobles, celle du peuple , sans distinction de francs ou de serfs, de bourgeois ou de paysan^* ».
Nous/ le voyons tour à tour obtenir des garanties de resp'ect pour la jjj^ipriété privée, défendre les be- )ins\du commercé comme ceux de l'agriculture,
éclamer une monnaie sincère, qui rendra aux transactions leur sécurité, aux marchands leur fortune; puis SCS efforts arrachent l'abandon du droit de prise, véritable confiscation (pii pesait sur tous les pays traversés par le roi ou par ses grands officiers ; enfin il empêche l'extension du droit de chasse, qui menaçait les travaux des laboureurs d'une incessante destruction. Au gré du tiers état, la sécurité matérielle ne suffit pas : il demande l'égalité des charges. 11 veut que la répartition pèse également sur les trois ordres. Depuis le roi jusqu'au dernier artisan, tous acquitteront les taxes indirectes, et les députés, fiers de cette conquête, proclament à trois reprises différentes ce nouveau principe.