CONCILES
n'ont (l'autre Imt (|ne d'acclanicr un roi ou de célébrer une fête nationale, mais non de délibérer sérieusement sur quelque objet précis.
En vain les chroniqueurs répètent-ils que, dans ces assemlilées, se réunissent tous les Francs, tous Ifs hommes libres, ces expressions ne doivent pas tromper le leclcur. Il y a bien la un reflet d'une grande coutume, mais ce n'est qu'une tradition, ce n'est que l'image d'une société qui n'est plus.
Ces souvenirs peu à peu effacés allaient être ranimés par une influence considérable et d'une prodigieuse fécondité. Dès son origine, le christianisme avait institué, au-dessus de l'assemblée des fidèles, l'assemblée des pasteurs chargés de les instruire et de régler en commun des affaires de l'Eglise. L'action des évéques sur le gouvernement, leurs rapports avec les rois mérovingiens, sur lesquels ils exerçaient une véritable tutelle, avaient pour effet de rapprocher et de mêler continuellement ce qui intéressait la société ecclésiastique et la société politique. Les conciles étaient devenus des assemblées mixtes par leur objet, comme ils l'étaient souvent par leur composition ; il arrivait que. les leudes et les grands siégeaient et déliliéraient auprès des évêques *. Avec le temps, les Conciles étaient devenus de plus en plus fréquents. Soixantedix avaient été réunis pendant le cours des vi^ et "Vii*^ siècles. Ce spectacle devait frapper les yeux des contemporains, en leur montrant la délibération comme le premier ressort du pouvoir qui exerçait une si puissante action sur la société -.